Par la Rédaction
Entre le 3 et le 25 juillet 2025, au moins 305 personnes ont été tuées par balles dans les zones de Goma, Rutshuru et leurs périphéries, 364 cas d’enlèvements ont été recensés, ainsi que 178 cas de violences sexuelles basées sur le genre, selon les données compilées dans le bulletin N°04 du HEBDO GOMA+, une initiative conjointe des conseils communaux de la jeunesse de Goma, Karisimbi et Rutshuru.
Ce document dresse un bilan alarmant des violations des droits humains dans les territoires sous occupation des éléments du M23-AFC et des forces spéciales rwandaises, notamment à Goma, Nyiragongo, Masisi, Rutshuru, Walikale et Lubero. Parmi les abus recensés figurent des exécutions sommaires, arrestations arbitraires, assassinats ciblés, incendies de maisons, taxation abusive, vandalisme des bureaux étatiques, et instrumentalisation du système éducatif.
Dans le seul territoire de Rutshuru, plus de 100 personnes ont été tuées entre le 11 et le 14 juillet dans les champs de Kiseguro et Katwiguru sous le commandement du Colonel Imani Claude. À Nyabanira et Gasave, six autres victimes ont été exécutées, dont des mineurs, sous prétexte de collusion avec les FDLR.
Le bulletin dénonce aussi les violences sexuelles à grande échelle dans la chefferie de Bwito, notamment dans les groupements de Tongo, Bambo, Bukombo, Kihondo et Bwalanda, où 78 personnes ont été massacrées et 53 femmes et filles violées. À Masisi, des jeunes sont arrêtés ou contraints de rejoindre les rangs de la rébellion sous peine d’exécution.
Par ailleurs, le M23-AFC impose des taxes scolaires de 1000 FC dans les écoles, et fait régner la terreur économique dans les marchés de Virunga, Alanine et le parking de Mapendo-Birere. Des agents du mouvement imposent même des taxes d’accès aux toilettes publiques. Cette pression fiscale a conduit à la paralysie des activités commerciales, tandis que des chauffeurs de bus annoncent des actions similaires.
Le bulletin documente également la vandalisation des bureaux de la Division provinciale de la Jeunesse et de celle des Affaires sociales à Goma, ainsi que le naufrage d'une embarcation sur le lac Kivu qui a fait une vingtaine de morts à Makelele.
En date du 23 juillet, des attaques coordonnées du M23-AFC et de ses alliés rwandais ont été enregistrées sur plusieurs lignes de front autour de Goma, malgré un engagement au cessez-le-feu.
Face à l’ampleur des crimes et abus recensés dans les zones occupées, les structures de la jeunesse à l’origine du bulletin HEBDO GOMA+ appellent le gouvernement congolais à s’engager pleinement pour restaurer l’autorité de l’État, condition essentielle pour garantir la sécurité, la dignité et la stabilité des populations affectées. Elles exhortent également la communauté internationale à approfondir les enquêtes sur les violations des droits humains et à faire en sorte que les auteurs soient identifiés, poursuivis et punis par les juridictions compétentes.
Les organisations interpellent en outre l’UNICEF et l’UNESCO sur l’urgence de protéger le système éducatif congolais, aujourd’hui fragilisé par les interférences des autorités de fait, notamment à travers l’imposition de taxes illégales sur les documents scolaires et la politisation de l’école. Elles insistent sur la nécessité de préserver la neutralité et l’accessibilité de l’éducation dans ces contextes de crise.
Enfin, elles demandent aux organisations nationales et internationales de défense des droits humains de redoubler d’efforts pour obtenir la libération des jeunes détenus arbitrairement, souvent dans des conditions inhumaines, et de continuer à documenter, dénoncer et porter la voix des victimes afin de faire pression pour un retour rapide à la paix, à la justice et à la souveraineté nationale.