Par Serge Mavungu
À l’occasion de la Journée mondiale de la prématurité, un congrès national réunissant les professionnels de santé spécialisés en néonatologie s’est ouvert, ce mardi 18 novembre 2025, dans les locaux de l’Institut National des Arts à Kinshasa. L’objectif principal de cette rencontre est de partager les avancées médicales, d’identifier les défis et de renforcer les stratégies de prise en charge des nouveau-nés prématurés en République démocratique du Congo (RDC).
Lors de son allocution, le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévention a rappelé que la santé maternelle et infantile demeure une priorité pour le Gouvernement congolais. Il a souligné que la prématurité constitue l’une des principales causes de mortalité infantile dans le pays. Les premiers jours de vie étant cruciaux, une prise en charge inadéquate peut compromettre de manière irréversible le développement physique et cognitif de l’enfant.
Le ministre a aussi rappelé que, depuis l’arrivée au pouvoir du chef de l’État, la santé figure parmi les axes majeurs de sa politique.
Plusieurs mesures ont été engagées pour améliorer l’accès et la qualité des soins : La levée des barrières financières pour les soins maternels, assurant que toutes les femmes puissent être prises en charge, quelle que soit leur condition sociale.
La création d’une taxe de 2 % sur certains produits importés, destinée au financement du système de santé et à l’acquisition d’équipements essentiels tels que couveuses et dispositifs d’assistance respiratoire.
La prochaine mise en place d’une assurance maladie obligatoire, validée en Conseil des ministres, pour garantir une couverture sanitaire à tous les congolais. Le déploiement de centres de simulation médicale pour renforcer les compétences des soignants, ainsi qu’une formation spécialisée à l’étranger pour les sages-femmes et autres professionnels de santé engagés dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale.
Le ministre a aussi salué la création récente de la Société congolaise de néonatologie, qui jouera un rôle central dans la formation continue, la recherche et l’harmonisation des pratiques avec les standards internationaux. Malgré ces progrès, la RDC fait encore face à une espérance de vie inférieure à la moyenne africaine, avec seulement 60 ans contre 63 ans, ainsi qu’à des taux élevés de mortalité maternelle et infantile.
Pour relever ces défis, le ministre a appelé à un engagement collectif : "La santé ne doit pas être un privilège, mais un droit. Chaque Congolais, riche ou pauvre, doit pouvoir être soigné dignement. Notre responsabilité est de bâtir aujourd’hui un système de santé accessible, efficace et équitable pour tous."
Le congrès se poursuivra jusqu’au mercredi avec pour ambition d’élaborer un modèle national adapté aux réalités congolaises pour la prise en charge des nouveau-nés prématurés.