Par Denise Kyalwahi
Dans les zones riveraines du Parc national des Virunga, territoire de Beni (Nord-Kivu), l’apiculture écologique apparaît comme bien plus qu’une activité génératrice de revenus. Soutenues par l’Initiative de Développement pour l’Agroforesterie Durable (IDAD), des femmes transforment la production du miel biologique en un levier de développement durable, tout en contribuant à la sauvegarde des forêts du bassin du Congo, l’un des écosystèmes les plus importants au monde.
Les abeilles sont les piliers des forêts du bassin du Congo. Les forêts du bassin du Congo dépendent fortement des abeilles pour leur régénération. En assurant la pollinisation d’une grande variété d’arbres et de plantes sauvages, ces insectes jouent un rôle clé dans le maintien de la biodiversité, la production de fruits forestiers et la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques. En encourageant l’apiculture écologique, IDAD contribue indirectement à la protection de ces forêts. Les communautés comprennent peu à peu que préserver les arbres et les fleurs est indispensable à la survie des abeilles, et donc à la continuité de leurs moyens de subsistance.
Une apiculture écologique au service des communautés locales
Depuis 2012, IDAD accompagne des femmes vivant autour du Parc national des Virunga dans la production de miel biologique, respectueuse de l’environnement. L’initiative vise à réduire la production de miel de mauvaise qualité, tout en offrant des alternatives économiques durables qui limitent la pression sur les ressources forestières. Le programme est déployé dans plusieurs zones, notamment Ruwenzori, Watalinga et Mabalako, en partenariat avec des coopératives locales telles que COOADER, COOPROMI et COODAD. Ces organisations assurent des formations techniques, fournissent du matériel apicole adapté et facilitent l’accès aux marchés, améliorant ainsi les revenus des ménages tout en valorisant les produits issus de la forêt sans la détruire.
Marjorie est un exemple de résilience portée par les abeilles
Marjorie, mère de trois enfants, est l’un des visages emblématiques de cette initiative. Autrefois dépendante de petits travaux précaires, elle a rejoint une coopérative soutenue par IDAD et s’est formée à l’apiculture écologique. Grâce aux revenus issus du miel et des autres produits de la ruche, elle a pu acheter une parcelle et construire sa propre maison, offrant à ses enfants un cadre de vie plus stable. « Les abeilles m’ont tout donné. En les protégeant, j’ai trouvé un travail digne et un avenir pour mes enfants », confie-t-elle.
Protéger la biodiversité tout en créant des revenus durables
L’apiculture écologique réduit les pratiques destructrices telles que l’abattage incontrôlé des arbres ou l’exploitation illégale des ressources forestières. En reliant les revenus des ménages à la bonne santé des écosystèmes, cette activité renforce la conscience environnementale des communautés et encourage la protection des forêts du bassin du Congo. Les abeilles deviennent ainsi un lien direct entre conservation de la biodiversité, sécurité alimentaire et développement économique local.
Un partenariat pour un impact à long terme
Entre 2012 et 2025, ces actions bénéficient de l’appui financier d’Original Beans, partenaire stratégique d’IDAD. Ce soutien a permis de structurer les coopératives féminines, d’améliorer la qualité du miel mis sur le marché et de renforcer l’impact environnemental positif du projet.
Quand les abeilles, les femmes et la forêt avancent ensemble
À travers l’expérience de Marjorie et de nombreuses autres femmes, l’apiculture biologique démontre que la protection des abeilles est indissociable de celle des forêts du bassin du Congo. En plaçant les femmes au cœur de cette dynamique, IDAD montre qu’il est possible de concilier autonomisation économique, préservation de la biodiversité et avenir durable pour les communautés vivant autour du Parc national des Virunga.