Par la Rédaction
Dans le cadre de la politique de lutte contre les détournements des deniers publics impulsée par Félix Tshisekedi, la Cour de cassation a ouvert, ce 21 avril 2026 à Kinshasa, le procès du Fonds pour la réparation et l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). En arrière-plan, l’action du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, apparaît déterminante. Malgré son absence à l’audience, il demeure l’un des principaux artisans de cette dynamique judiciaire, marquée par une volonté affirmée de poursuivre les auteurs présumés de détournements et de mettre fin à l’impunité.
Au centre du dossier, l’ancien coordonnateur du fonds, Chançard Bolukola, est poursuivi pour détournement de plusieurs millions de dollars destinés aux victimes de la guerre des six jours à Kisangani. Il lui est reproché d’avoir attribué des marchés publics dans des conditions opaques, notamment à des sociétés soupçonnées d’être fictives, ainsi que d’avoir engagé d’importantes dépenses sans résultats probants, dont plus d’un million de dollars versés à DIVO SARL pour un projet de documentaire jugé défaillant.
Dès l’ouverture des débats, plusieurs témoins ont été entendus, dont Teddy Lwamba. Face à la Cour, l’accusé s’est montré imprécis, incapable de situer clairement certaines entreprises bénéficiaires des marchés et reconnaissant ne pas en connaître les responsables. Ces déclarations ont conduit la juridiction à évoquer l’existence possible de sociétés fictives, renforçant les soupçons de détournement.
Le renvoi de l’audience à vendredi pour la poursuite des débats confirme la volonté de la Cour de traiter ce dossier avec rigueur. Plus largement, cette affaire illustre la montée en puissance d’une justice déterminée à sanctionner les atteintes aux finances publiques, sous l’impulsion d’un parquet général engagé dans la lutte contre le détournement des deniers publics.
Pour la petite histoire, Constant Mutamba, "Mentor" de Chançard Bolukola, avait été condamné, en 2025, à trois ans de travaux forcés pour un détournement présumé de 19 millions de dollars issus du même fonds, à la suite notamment d’une procédure enclenchée après la levée de ses immunités sollicitée par le Procureur général Firmin Mvonde.