Par Patrick Kitoko
Le ministère des Infrastructures et Travaux publics a officiellement lancé, lundi 15 juin 2026, à Kinshasa, les travaux des comités chargés de l’évaluation des contrats et concessions de délégation des services publics pour l’exercice 2025. Cette initiative vise à examiner l’état d’avancement des projets routiers réalisés dans le cadre des partenariats public-privé et à renforcer leur impact sur le développement économique du pays.
Lors de l’ouverture de la session, le ministre des Infrastructures, John Banza, a appelé les membres des comités à mener une analyse objective des différents projets en cours. Il a insisté sur la nécessité d’identifier les obstacles qui ralentissent leur mise en œuvre et de proposer des solutions susceptibles d’améliorer leur efficacité et leurs retombées socio-économiques.
Présentant le bilan des concessions routières, le directeur général de l’ACGT – Agence congolaise des grands travaux –, Nico Nzau, a indiqué que le portefeuille actuel comprend douze contrats représentant un investissement global de plus de 4,4 milliards de dollars américains. Ces projets concernent notamment la modernisation de 3 350 kilomètres de routes nationales, dont les RN1, RN2, RN3, RN5, RN38 et RN39, ainsi que l’aménagement de 250 kilomètres de voiries urbaines.
Selon les données communiquées, plus de 350 millions de dollars ont été investis dans les travaux au cours de la seule année 2025. Parmi les réalisations majeures figurent l’élargissement en double voie de l’axe Lubumbashi–Likasi sur 20 kilomètres, l’asphaltage de la route Luambo–Mitwaba–Manono sur 148 kilomètres, ainsi que la mise en exploitation provisoire des corridors Tshikapa–Kamako et Likasi–Borne 32.
Sur le plan financier, les concessionnaires ont enregistré des recettes de plus de 320 millions de dollars en 2025. Cette performance a notamment été soutenue par une croissance de 24 % des recettes sur les axes Kasumbalesa–Sakania et Likasi–Kambove.
Le ministre a toutefois relevé plusieurs défis persistants. Il s’est engagé à accélérer le traitement des questions liées aux exonérations fiscales et douanières, souvent à l’origine de retards dans l’exécution des projets.
En contrepartie, il a invité les partenaires privés à renforcer leur mobilisation financière afin de garantir le respect des engagements contractuels.
L’insécurité qui prévaut dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure également un obstacle important à la progression des travaux sur certaines infrastructures stratégiques, notamment les routes nationales RN2 et RN3.
Dans la perspective de poursuivre la modernisation du réseau routier national, le gouvernement envisage déjà de nouvelles concessions, notamment sur les axes Moanda–Yema et Mweka–Luebo–Tshikapa.
En RDC, le déficit d’infrastructures routières reste l’un des principaux freins à l’intégration économique et au développement des provinces. Face aux contraintes budgétaires de l’État, le recours aux concessions et aux partenariats public-privé s’est progressivement imposé comme une solution privilégiée pour mobiliser des financements et assurer la réhabilitation ainsi que l’entretien des grands axes routiers du pays.