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Procès Tshiwewe et consorts : la défense dénonce des irrégularités et conteste la compétence du Conseil national de cyberdéfense

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Le général d’Armée Christian Tshiwewe Songesha et ses coaccusés comparaissent à la Haute Cour militaire [Photo d’illustration]
Le général d’Armée Christian Tshiwewe Songesha et ses coaccusés comparaissent à la Haute Cour militaire [Photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

Le procès de l'ancien chef d'état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général d'Armée Christian Tshiwewe Songesha, s'est poursuivi, ce jeudi 6 août 2026, devant la Haute Cour militaire, avec une nouvelle audience marquée par de vives contestations de la défense sur la régularité de la procédure.

Christian Tshiwewe comparaît aux côtés de dix autres prévenus, dont sept généraux, deux colonels et un civil. Ils sont notamment poursuivis pour complot. Tous les membres de la composition de la Haute Cour militaire étaient présents à l'ouverture de l'audience.

Au cœur des débats, les avocats de la défense ont remis en cause plusieurs actes de procédure qu'ils estiment entachés d'irrégularités. Ils ont notamment contesté la validité d'un procès-verbal établi par un magistrat présenté comme étant en « détachement » au sein du Conseil national de cyberdéfense (CNC).

Selon la défense, ce magistrat aurait procédé à l'audition d'un détenu cagoulé alors qu'il ne disposait ni de la qualité d'officier de police judiciaire habilité, ni de l'assermentation requise pour accomplir de tels actes.

« Comment justifiez-vous le détachement d'un magistrat au CNC ? », a lancé un avocat à la Cour, avant de solliciter la nullité de l'ensemble des procès-verbaux établis par ce qu'il qualifie de « supposé OPJ non assermenté et non habilité ».

« Ces procès-verbaux sont nuls et de nul effet », a-t-il soutenu.

De son côté, le conseil du général-major Maurice Nyembo, également poursuivi dans cette affaire, a mis en cause la compétence même du Conseil national de cyberdéfense dans la conduite des enquêtes judiciaires.

Prenant la parole devant la Haute Cour militaire, Me Ghislain Okito a dénoncé les conditions d'interpellation de son client, affirmant que celui-ci avait été arrêté à son domicile à 2 heures du matin sans mandat de perquisition.

« D'où le CNC tire-t-il le droit d'aller arrêter notre client à 2 heures du matin, sans mandat de perquisition ? (...) Le CNC n'a aucune compétence pour ouvrir une enquête judiciaire, arrêter, détenir ou poursuivre qui que ce soit. Le CNC est un service spécialisé dans l'illégalité, violant son texte fondateur et la Constitution », a plaidé l'avocat.

Ces exceptions de procédure devront être examinées par la Haute Cour militaire, appelée à se prononcer sur les moyens soulevés par les conseils de la défense avant la poursuite de l'examen du fond du dossier.

Jeudi 6 août 2026 - 15:45