Par Prosper Buhuru
L'UNICEF a lancé, ce jeudi 6 août 2026, un nouvel appel à la mobilisation face aux conséquences de l'épidémie d'Ebola qui frappe la province de l'Ituri. L'agence des Nations unies s'inquiète particulièrement de l'impact de la crise sur les enfants, alors que plus de 300 d'entre eux ont déjà succombé à la maladie.
Selon les dernières données sanitaires couvrant la période d'avril à juin 2026, la peur de la contamination et les perturbations du système de santé ont entraîné une forte baisse du recours aux services essentiels dans les principaux foyers de l'épidémie, notamment à Bunia, Mongbwalu, Nizi et Rwampara.
L'UNICEF indique que la fréquentation des services de santé essentiels a chuté de 42 % dans ces zones. La situation est particulièrement préoccupante à Mongbwalu, où la vaccination contre la rougeole a enregistré une baisse de 69 %, exposant davantage les enfants au risque d'autres maladies évitables.
L'agence onusienne fait également état d'un recul important des consultations prénatales et des accouchements assistés dans les établissements de santé ; une tendance qui pourrait aggraver la mortalité maternelle et néonatale dans les zones touchées.
Au 2 août 2026, 743 cas confirmés d'Ebola avaient été enregistrés chez les enfants âgés de 0 à 17 ans, dont 330 décès. Selon l'UNICEF, le taux de létalité chez les enfants de moins de cinq ans est plus de deux fois supérieur à celui observé chez les adultes, dans une épidémie déjà considérée comme la plus meurtrière jamais enregistrée en République démocratique du Congo.
Face à cette situation, l'organisation a revu à la hausse son appel de fonds humanitaire, désormais fixé à 113,45 millions de dollars américains. À ce jour, seulement 23,5 millions de dollars ont été mobilisés ; un niveau de financement jugé largement insuffisant pour assurer la poursuite et l'extension des interventions sanitaires, nutritionnelles, éducatives et de protection de l'enfance.
L'UNICEF appelle ainsi les partenaires internationaux à intensifier leur soutien afin d'éviter une aggravation de la crise humanitaire et de préserver l'accès des populations, en particulier des enfants, aux services de santé essentiels dans les zones affectées par l'épidémie.