Par Gloire Balolage
La ville de Goma fait face, depuis le début du mois de septembre 2026, à une succession d'incendies qui ont touché plusieurs quartiers et causé d'importants dégâts matériels. Des habitations, des commerces et des biens de plusieurs familles ont été détruits, tandis que les causes restent encore à établir au cas par cas. Cette répétition des sinistres pose notamment la question de la prévention, de la rapidité des interventions et des moyens disponibles pour faire face aux départs de feu.
Les premiers cas largement rapportés remontent aux 3 et 4 septembre, avec des incendies au marché des planches de Mugunga et dans la zone de Ngangi, à la limite avec le territoire de Nyiragongo. À Mugunga, des dépôts de planches, de madriers et d'autres matériaux de construction ont été détruits, tandis qu'à Maendeleo, près d'une cinquantaine d'habitations auraient été ravagées.
Dans un entretien exclusif accordé à Opinion-info.cd, ce mardi 22 septembre 2026, Dieudonné Kibinda, commissaire provincial chargé du numérique et de l'innovation au sein de l'Association des Scouts du Nord-Kivu, appelle d'abord la population à la vigilance. Il estime que la répétition des incendies doit pousser les habitants à adopter davantage de précautions, notamment dans la manipulation des différentes sources d'énergie. Parmi les facteurs qu'il évoque figurent notamment les panneaux solaires, les imprudences domestiques lors de la cuisine ainsi que les mauvaises installations.
Son analyse intervient alors que la série de sinistres s'est poursuivie durant la deuxième semaine de septembre. Le 9 septembre, près de dix habitations et plusieurs biens avaient été détruits à Majengo. Le lendemain, plusieurs parcelles ont été touchées à Kasika, tandis qu'une maison a été entièrement calcinée à Katindo, près de la RVA. Le 11 septembre, de nouveaux incendies ont été signalés notamment à Nyabushongo et Bujovu, avec plusieurs maisons détruites.
Pour Dieudonné Kibinda, la prévention doit également tenir compte de la configuration des quartiers et des conditions d'intervention. Il estime que l'insuffisance des équipes spécialisées constitue un problème et plaide pour la présence de casernes de sapeurs-pompiers capables d'intervenir dans différents secteurs de la ville.
Selon lui, les habitants devraient également disposer de moyens leur permettant de maîtriser un départ de feu avant l'arrivée des équipes spécialisées. Il souligne notamment la nécessité de pouvoir agir rapidement, « au moins 20 minutes avant l'arrivée des sapeurs-pompiers », ainsi que la disponibilité d'extincteurs au-delà des seuls établissements ou espaces publics.
La succession des incendies s'est encore poursuivie les 12 et 13 septembre. À Katoyi, plusieurs maisons ont été touchées sur l'avenue Zizi, tandis que des habitations ont également été détruites à Ngangi 1. Le 13 septembre, de nouveaux cas ont été signalés à Nyabushongo, dans le quartier Ndosho, ainsi qu'à Ngangi 1. Dans plusieurs de ces situations, l'origine du feu n'était pas encore déterminée au moment des premiers constats.
La gravité de la situation s'est accentuée le 21 septembre, avec l'incendie survenu à Kyeshero, où une mère et ses cinq enfants ont péri dans leur habitation. L'origine de ce sinistre reste inconnue selon les informations disponibles. Par ailleurs, des sources font état de 32 incendies enregistrés en une semaine, puis de 12 autres cas entre le 13 et le 19 septembre, ayant affecté 21 ménages. Ces chiffres correspondent aux communications des autorités et ne constituent pas nécessairement un bilan consolidé de l'ensemble des services concernés.
Face à cette succession de sinistres, Dieudonné Kibinda recommande finalement aux autorités de multiplier la sensibilisation de la population afin de réduire les comportements susceptibles de favoriser les incendies. Depuis le 1er septembre, les cas rapportés à Goma et dans sa périphérie concernent notamment Mugunga, Ngangi, Majengo, Kasika, Katindo, Nyabushongo, Bujovu, Katoyi, Ndosho et Kyeshero, avec des dizaines d'habitations détruites et, dans le cas de Kyeshero, six décès. La répétition de ces incendies renforce ainsi la nécessité de documenter leurs causes et d'évaluer les capacités de prévention et de réponse disponibles dans la ville.