Ituri : la MONUSCO appelle les journalistes à lutter contre la désinformation pour préserver la paix

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Une quinzaine de journalistes réunis à Bunia par la Section de l’information publique de la MONUSCO, en marge de la Journée internationale de la paix
Une quinzaine de journalistes réunis à Bunia par la Section de l’information publique de la MONUSCO, en marge de la Journée internationale de la paix

Par Prosper Buhuru

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre, la MONUSCO a appelé les professionnels des médias en Ituri à renforcer la vérification de l’information afin d’éviter que les rumeurs et la désinformation ne contribuent à alimenter les tensions dans la province.

Une quinzaine de journalistes réunis à Bunia par la Section de l’information publique de la MONUSCO ont échangé sur le rôle des médias dans la construction de la paix, dans un contexte marqué notamment par l’activité persistante de groupes armés et la circulation de fausses informations.

Pour Josiah Obat, chef du Bureau de la MONUSCO en Ituri, la préservation de la paix ne relève pas uniquement des autorités ou des acteurs de sécurité. Il a invité chaque citoyen, y compris les journalistes, à contribuer à créer un environnement favorable à la paix.

« La paix est quelque chose de très précieux, mais parfois les gens l’oublient jusqu’à ce que les troubles commencent », a-t-il déclaré.

Le responsable de la MONUSCO en Ituri a particulièrement insisté sur les risques liés à la désinformation et à la mésinformation, susceptibles, selon lui, de contribuer aux violences dans la société.

« Nous avons beaucoup de désinformation et de mésinformation, et ce sont certaines des choses qui contribuent aux violences que nous observons dans la société », a expliqué Josiah Obat, appelant les journalistes à faire preuve de prudence et à vérifier les informations avant leur diffusion.

La vérification des faits au cœur du travail journalistique

Les journalistes participant à la rencontre ont également reconnu l’influence des médias sur les communautés et la nécessité d'assumer cette responsabilité dans le traitement de l’information.

Alex Shabdina, journaliste à Peace FM, estime que les médias doivent notamment sensibiliser la population au fait que la construction de la paix concerne l’ensemble de la société et pas seulement les autorités.

De son côté, Amos Alima, journaliste à Radio Merveille Bunia, a insisté sur l’importance du recours aux sources fiables.

« Nous, journalistes, avons cette capacité d’éduquer la population et de faire passer une vraie information. Un journaliste ne doit pas diffuser quelque chose sans aller à la source pour puiser l’information », a-t-il souligné.

Pour les participants, la vérification des faits, la confrontation des sources et la prudence dans la diffusion des informations constituent des pratiques essentielles dans une province où les tensions communautaires peuvent être amplifiées par des contenus non vérifiés.

La MONUSCO présente ses actions de protection des civils

La rencontre a également permis à la MONUSCO de présenter certaines de ses activités en faveur de la protection des civils en Ituri.

Le commandant du Secteur Nord de la Force de la MONUSCO, le général Md. Saiful Alam Bhuiyan, a notamment évoqué les patrouilles effectuées dans les zones affectées par l’insécurité, le déploiement de bases opérationnelles mobiles et la sécurisation de certains axes et localités exposés aux activités des groupes armés.

Il a également cité les actions menées en faveur des personnes déplacées et des communautés exposées à l’insécurité.

Ces opérations sont conduites en coordination avec les forces de défense et de sécurité congolaises. Elles sont complétées par d’autres initiatives de la Mission, notamment les dialogues communautaires, les activités de sensibilisation et l’appui de la Police des Nations unies à la Police nationale congolaise.

La MONUSCO mène également des activités avec les femmes, les jeunes, la société civile et d’autres acteurs locaux.

Malgré ces différentes initiatives, l’activité des groupes armés continue de poser des défis en matière de sécurité et de cohésion sociale en Ituri. Pour la MONUSCO, la construction de la paix doit donc s’inscrire dans la durée et mobiliser l’ensemble des acteurs de la société.

Dans ce contexte, le message adressé aux journalistes à l’occasion de la Journée internationale de la paix est notamment celui d’une information vérifiée, responsable et susceptible de favoriser le dialogue plutôt que d’alimenter les divisions.

Mardi 22 septembre 2026 - 09:50