Par Gloire Balolage
La question de la présence d’uranium dans certains produits de cobalt issus de l’exploitation minière en République démocratique du Congo suscite une vive réaction du secteur minier chinois. L’Union des Sociétés Minières aux Capitaux Chinois en RDC (USMCC) a rejeté les informations faisant état de teneurs jugées « excessives » en uranium dans les produits de cobalt provenant des entreprises chinoises implantées dans le sud-est du pays.
Dans une déclaration publiée le mercredi 5 août 2025, l’organisation qualifie ces informations d’« infondées ». Selon elle, leur diffusion serait susceptible de tromper les marchés, de perturber les activités industrielles et commerciales et de porter atteinte à la réputation des entreprises minières chinoises présentes en RDC, ainsi qu’à la crédibilité commerciale des produits de cobalt congolais sur le marché international.
Pour appuyer sa position, l’USMCC affirme avoir procédé à une vérification exhaustive des produits concernés. Citée par 7sur7.cd, l’association assure qu’aucun produit de cobalt extrait, transféré ou exporté par les entreprises minières chinoises opérant dans le sud-est de la RDC ne présente, à l’issue de ces contrôles, une teneur excessive en uranium. Elle indique par ailleurs que ses membres respectent la réglementation minière congolaise ainsi que les normes d’analyse reconnues dans le commerce international.
L’organisation rappelle également que les activités liées aux ressources uranifères relèvent du contrôle des autorités compétentes de la RDC. Elle soutient que, dans les conditions normales de production, les produits d’hydroxyde de cobalt ne contiennent que des traces naturelles extrêmement faibles d’uranium. D’après l’USMCC, ces concentrations seraient insuffisantes pour permettre une exploitation industrielle de cet élément.
Cette mise au point intervient après la publication d’une enquête du Financial Times et de Lighthouse Reports. Selon ce média, les taux d’uranium relevés dans du cobalt produit notamment sur le site de Tenke Fungurume Mining (TFM), exploité par le groupe chinois CMOC, auraient dépassé à plusieurs reprises les seuils légaux entre 2016 et 2020. Ces affirmations sont toutefois contestées par l’USMCC et par CMOC, qui maintiennent que l’hydroxyde de cobalt commercialisé ne contient que des traces naturelles d’uranium, très inférieures aux seuils permettant une exploitation industrielle ou rentable de cet élément.
Dans ce contexte, l’USMCC appelle ses clients, partenaires commerciaux et organismes professionnels à la prudence face aux informations qu’elle considère comme de fausses rumeurs. L’organisation estime nécessaire d’éviter la diffusion d’informations susceptibles d’affecter les activités des entreprises concernées et le commerce international du cobalt. Elle affirme également respecter les normes environnementales en vigueur et se dit disposée à se soumettre aux vérifications techniques des autorités congolaises compétentes.
L’association annonce enfin la poursuite des contrôles de qualité par échantillonnage sur les produits concernés. Elle prévoit de publier les résultats de ces contrôles de manière transparente et demande à ses entreprises membres de respecter strictement les critères de qualité. À travers cette démarche, l’USMCC entend garantir la conformité des produits cobaltifères destinés au marché international avec la réglementation applicable, tout en répondant aux interrogations soulevées autour de la présence éventuelle d’uranium dans le cobalt produit en RDC.