RDC : l'IGF veut passer au contrôle permanent grâce à un ambitieux plan stratégique 2026-2028

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Christophe Bitasimwa,  Inspecteur Général, chef de service de l’IGF, lors d’un briefing de presse à la RTNC, le 5 août 2026
Christophe Bitasimwa, Inspecteur Général, chef de service de l’IGF, lors d’un briefing de presse à la RTNC, le 5 août 2026

Par Serge Mavungu

L'Inspection générale des finances (IGF) entend franchir une nouvelle étape dans la modernisation de ses méthodes de contrôle. Au cours d'un briefing presse animé ce mercredi 5 août 2026 à la RTNC, l'Inspecteur général, chef de service de l'IGF, Christophe Bitasimwa Bahii, a présenté le Plan stratégique triennal 2026-2028, un document qui fixe les priorités de l'institution pour les trois prochaines années, avec pour ambition de renforcer la prévention des irrégularités grâce à la transformation numérique.

Selon Christophe Bitasimwa Bahii, ce plan est le fruit d'un diagnostic approfondi de l'institution. Cet exercice a permis d'identifier les forces, les faiblesses, les opportunités ainsi que les menaces auxquelles l'IGF est confrontée, afin de définir les réformes nécessaires à l'amélioration de son efficacité.

L'une des principales innovations annoncées est le passage d'un contrôle essentiellement manuel et ponctuel à un contrôle permanent, appuyé par la digitalisation des processus. Pour le chef de service de l'IGF, les évolutions technologiques offrent désormais la possibilité d'assurer une surveillance continue des opérations financières de l'État, avec un accès plus rapide aux informations nécessaires aux missions de contrôle.

« Nous devons dépasser le contrôle manuel pour évoluer vers un système numérisé capable de nous fournir les informations en temps réel », a-t-il expliqué, estimant que cette évolution permettra une meilleure maîtrise des risques et une plus grande efficacité dans la protection des finances publiques.

Le responsable de l'IGF a également insisté sur la nécessité de connecter l'institution à l'ensemble des systèmes d'information de l'État. Selon lui, les données économiques et financières demeurent aujourd'hui dispersées dans plusieurs plateformes, limitant ainsi les capacités de contrôle de l'Inspection générale des finances.

La vision portée par le Plan stratégique 2026-2028 consiste à numériser progressivement les flux économiques et financiers afin de permettre à l'IGF de détecter rapidement les anomalies, d'identifier les risques et de privilégier des actions préventives avant que les irrégularités ne causent un préjudice au Trésor public.

Au cours des échanges avec la presse, Christophe Bitasimwa Bahii est également revenu sur le concept de « patrouille financière », largement popularisé depuis 2020. Il a précisé que celle-ci ne représente qu'un volet des missions de l'Inspection générale des finances.

L'IGF, a-t-il rappelé, exerce trois formes de contrôle : le contrôle préventif, destiné à empêcher la survenance des irrégularités, le contrôle concomitant, réalisé pendant l'exécution des opérations de gestion, et le contrôle a posteriori, qui intervient après les actes de gestion afin d'identifier les irrégularités et d'établir les responsabilités.

Selon le chef de service de l'IGF, la patrouille financière a contribué, ces dernières années, à renforcer la discipline dans la gestion des ressources publiques. Avec la mise en œuvre du nouveau Plan stratégique 2026-2028, l'institution ambitionne désormais de s'appuyer davantage sur les outils numériques pour rendre ses contrôles plus rapides, plus efficaces et davantage orientés vers la prévention que vers la sanction.

Jeudi 6 août 2026 - 04:12