Par Don Benjamin Makolo
Le ministre d’État en charge de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a reçu mercredi 10 juin 2026 Isabelle Rome, ambassadrice de France chargée des droits humains et du devoir de mémoire. Une rencontre placée sous le signe du renforcement de la coopération entre la République démocratique du Congo et la France sur les questions de justice, de droits humains et de mémoire collective.
À l’issue de cet entretien, le ministre congolais a souligné l’importance des sujets abordés, indiquant que « nos échanges ont porté sur les enjeux de justice, de droits humains et de mémoire collective, au cœur de notre engagement commun ».
Dans un message publié sur le réseau social X, Guillaume Ngefa a particulièrement insisté sur les défis auxquels fait face la justice transitionnelle en RDC, notamment dans un contexte marqué par la persistance des violences dans l’Est du pays.
« J’ai rappelé que la justice transitionnelle ne peut pleinement produire ses effets tant que les violences persistent dans l’Est de notre pays », a-t-il déclaré, estimant que le retour durable de la paix demeure une condition essentielle pour permettre aux mécanismes de justice et de réconciliation de remplir leur mission.
Le ministre d’État a également mis en avant la nécessité de préserver les lieux de mémoire afin de transmettre l’histoire des tragédies vécues par les populations congolaises. À ce sujet, il a souligné avoir « insisté sur la nécessité de préserver nos lieux de mémoire, à l’image du mémorial de Kisangani », présenté comme un symbole important du devoir de mémoire et de la reconnaissance des souffrances endurées.
S’agissant de la lutte contre l’impunité, Guillaume Ngefa a réaffirmé la volonté des autorités congolaises de voir la justice remonter toute la chaîne des responsabilités dans les crimes commis contre les civils.
« La justice doit poursuivre non seulement les exécutants, mais aussi les commanditaires des massacres et crimes commis contre les populations civiles », a-t-il martelé.
Le patron de la Justice congolaise s’est par ailleurs réjoui de la reconnaissance internationale des efforts consentis par la RDC dans le domaine des droits humains.
« Je me félicite de la reconnaissance des efforts de la République démocratique du Congo en matière de promotion et de protection des droits humains », a affirmé Guillaume Ngefa, avant de réitérer l’engagement de son ministère à renforcer l’État de droit, la redevabilité et la coopération avec les mécanismes internationaux compétents.
Pour le ministre d’État, cette rencontre traduit enfin une convergence de vues entre Kinshasa et Paris sur les grands enjeux de gouvernance démocratique et de justice.
« Cette rencontre illustre la volonté partagée de la RDC et de la France de consolider leur coopération en matière de justice, de droits humains et de gouvernance démocratique, au service des valeurs universelles consacrées par les instruments internationaux », a conclu Guillaume Ngefa.