Par Don Benjamin Makolo
L’ancien ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba Tungunga, a adressé ce jeudi 23 juillet 2026 à Kinshasa une correspondance aux responsables politico-judiciaires congolais. Il y demande la retransmission en direct de ses trois procès en cours devant la Cour de cassation. Il y dénonce également ce qu’il qualifie de « déni de justice » au Tribunal de grande instance de Gombe ainsi qu’un « acharnement politico-judiciaire » à son encontre.
Dans cette lettre intitulée « Demande de publicité des audiences et dénonciation du déni de justice/TGI-Gombe », Constant Mutamba sollicite que la RTNC et d’autres médias assurent la retransmission en direct de ses audiences afin que « le peuple congolais, au nom de qui la justice est rendue », puisse suivre le déroulement des procédures.
Selon lui, cette publicité permettrait également au procureur général près la Cour de cassation de démontrer publiquement les accusations portées contre lui. « Je tiens à vous saluer et à solliciter la retransmission en direct par la RTNC et d’autres médias, de mes 3 procès en cours devant la Cour de cassation (...). Mais également pour que le procureur général près la Cour de cassation prouve aux Africains et à la Haute Cour le détournement de millions de dollars américains du fonds FRIVAO dont il m’accuse », peut-on lire dans cette correspondance.
L’ancien garde des Sceaux demande en outre que le public puisse accéder librement à la salle d’audience, dans la limite des places disponibles, rappelant les dispositions de l’article 20 de la Constitution relatives au caractère public des audiences judiciaires.
Dans le même document, Constant Mutamba affirme être victime d’un « acharnement politico-judiciaire » orchestré, selon lui, par « le réseau mafieux » qu’il dit avoir combattu lorsqu’il était en fonction.
Il accuse également les responsables du Tribunal de grande instance de Gombe d’empêcher l’enrôlement d’une citation directe qu’il affirme avoir introduite contre le greffier de la Cour de cassation, Kinakina Kiki, pour des faits présumés de faux en écriture. D’après le communiqué, cette procédure viserait des « fausses déclarations » qui lui auraient été attribuées dans une citation à prévenu, ce qui aurait porté atteinte à son droit à la défense et au droit à un procès équitable.
« Je dénonce également le déni de justice des responsables du TGI/Gombe dont le greffe pénal a reçu instruction de ne pas enrôler ma citation directe (...). Ce faux exploit m’a préjudicié et a porté atteinte à mon droit de défense (...), remettant ainsi en cause le droit à un procès équitable », indique encore la lettre manuscrite.
En conclusion de sa correspondance, Constant Mutamba appelle les acteurs de la justice à un « sursaut patriotique » afin que l’institution judiciaire demeure, selon ses termes, « un rempart de l’État de droit » plutôt qu’« un instrument de règlement des comptes politiques et personnels ».