Par Prosper Buhuru
Le dossier des violences infligées au procureur de la République Ikobia Bahati, chef du parquet près le Tribunal de paix de Makiso à Kisangani, prend une tournure judiciaire. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête confiée à la justice militaire.
L’instruction ministérielle a été adressée à l’Auditeur militaire supérieur près la Cour militaire de Kisangani. Elle s’appuie sur le pouvoir d’injonction reconnu au ministre de la Justice par l’article 70 de la loi organique n° 013/11-B du 11 avril 2013.
L’enquête doit permettre d’établir précisément les circonstances de l’incident survenu, le samedi 5 septembre 2026, à la résidence officielle du magistrat, dans la commune de Makiso, et d’identifier les éventuelles responsabilités pénales.p
Selon les éléments communiqués par le ministère, un commissaire supérieur de la Police nationale congolaise aurait ordonné une intervention visant la clôture en tôles de la résidence du procureur, estimant qu’elle empiéterait sur le domaine public. Des policiers auraient été envoyés sur place pour exécuter cette instruction.
Le procureur aurait demandé des explications sur l’opération. La situation aurait ensuite dégénéré en altercation, au cours de laquelle le magistrat a été physiquement agressé par plusieurs policiers. Une vidéo de la scène, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a suscité de nombreuses réactions au sein de la magistrature.
Dans sa correspondance, le ministre demande que les investigations portent notamment sur le commissaire supérieur à l’origine de l’intervention et sur les policiers ayant participé à l’opération, particulièrement ceux qui auraient pris part aux violences.
La justice militaire a été saisie en raison de la qualité des personnes mises en cause, membres de la Police nationale congolaise.