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Déplacés de guerre à Lubumbashi : 236 ménages sans assistance et six décès rapportés !

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Par Prosper Buhuru

Des familles ayant fui les violences dans l’est de la République démocratique du Congo vivent dans une précarité persistante à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. Arrivés après de longues marches à pied, ces déplacés disent manquer de nourriture, de soins médicaux et d’abris adéquats.

Paul Byamungu, représentant des déplacés de guerre à Lubumbashi, a alerté, lundi 7 septembre, sur leurs conditions de vie dans un entretien accordé à Ouragan. Selon lui, leur communauté compte actuellement 236 ménages, confrontés à une situation humanitaire particulièrement difficile.

Le bilan humain est déjà lourd. Byamungu rapporte six décès au sein de la communauté, notamment des femmes, des enfants et des personnes dont l’état de santé aurait été aggravé par les conditions de déplacement et l’absence de prise en charge médicale. Parmi les cas cités figurent une femme décédée après son accouchement, une jeune fille atteinte de paludisme et un enfant de deux ans mort après une fièvre typhoïde.

La vulnérabilité concerne également les femmes et les enfants. Le représentant des déplacés fait état de 26 veuves, 11 femmes victimes de violences sexuelles, trois personnes handicapées et 15 femmes enceintes parmi les ménages concernés.

La situation scolaire est tout aussi préoccupante. Plus de 411 enfants vivent dans cette communauté, dont certains sont privés d’école depuis près de deux ans. Soixante-quatorze enfants auraient notamment besoin d’un accompagnement pour apprendre à lire et à écrire, alors que les fournitures scolaires de base font défaut.

À cette précarité s’ajoutent des conditions d’hébergement difficiles. Certains déplacés sont accueillis dans des maisons ou des églises, tandis que d’autres passent la nuit dans des vérandas ou des hangars insuffisamment protégés contre les intempéries.

Selon Byamungu, plusieurs démarches ont été entreprises auprès des autorités provinciales et municipales, notamment auprès de l’Assemblée provinciale et du gouvernorat. Des promesses d’assistance "ont été formulées, sans que l’aide attendue ne parvienne encore à la communauté".

Au-delà des besoins alimentaires et sanitaires, les séquelles psychologiques de la guerre restent importantes. Deux déplacés bénéficieraient actuellement d’un accompagnement psychologique à travers le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits (FONAREV), mais le représentant estime que le traumatisme concerne une grande partie de la communauté.

Face à cette situation, les déplacés appellent à une réponse humanitaire urgente, notamment en nourriture, eau, médicaments, abris et fournitures scolaires. Pour eux, l’exode n’a pas mis fin aux conséquences de la guerre : il les a déplacés vers une autre forme de vulnérabilité.

Mardi 8 septembre 2026 - 09:35