Inclusion des personnes vivant avec handicap : Irène Esambo dresse le bilan d’une année de réformes

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Me Irène Esambo ministre déléguée en charge de PVH-APV
Me Irène Esambo ministre déléguée en charge de PVH-APV

Par Serge Mavungu

La ministre déléguée auprès du ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, chargée des Personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables (PVH-APV), Irène Esambo Diata, a présenté le bilan d’une année d’action en faveur de l’inclusion sociale et de l’autonomisation des personnes vivant avec handicap en République démocratique du Congo.

À l’occasion de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II, la ministre a mis en avant les réformes engagées dans plusieurs domaines, notamment l’accessibilité, l’emploi, la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et l’application du cadre légal protégeant les droits des personnes vivant avec handicap.

Cette action s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait de la valorisation du capital humain une priorité, ainsi que dans l’action du Gouvernement conduite par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

L’accessibilité au cœur des priorités

Pour Irène Esambo Diata, l’inclusion concerne l’ensemble de la société et ne doit pas être considérée comme une question réservée aux seules personnes vivant avec handicap.

Elle a fait de l’accessibilité l’un des axes prioritaires de son action. Celle-ci ne se limite pas aux infrastructures adaptées, mais englobe également l’accès à l’information, à la communication et aux services publics.

La ministre a notamment plaidé pour la généralisation de l’interprétation en langue des signes dans les médias et les espaces publics, afin de permettre aux personnes sourdes d’accéder pleinement à l’information.

Accélérer l’application de la loi

Les réformes engagées reposent sur la loi organique portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap et des autres catégories vulnérables. Ce texte constitue le principal cadre juridique de la politique nationale d’inclusion.

Après sa vulgarisation lancée en 2023, le Gouvernement poursuit l’élaboration des mesures d’application destinées à rendre cette législation pleinement opérationnelle.

Le ministère entend également renforcer les contrôles sur le respect des normes d’accessibilité dans les infrastructures publiques et privées. Les ouvrages non conformes peuvent faire l’objet de mesures allant jusqu’à l’arrêt ou au scellement des chantiers, selon les cas.

L’emploi et le handipreneuriat comme leviers d’autonomie

L’accès à l’emploi figure parmi les avancées mises en avant par la ministre. Elle a notamment cité certaines opérations de recrutement dans le Haut-Katanga, où la représentation des personnes vivant avec handicap aurait atteint 10 %, au-delà du quota légal de 5 %.

Cette dynamique doit progressivement s’étendre à d’autres secteurs, notamment aux entreprises publiques et au secteur privé.

Parallèlement, le Gouvernement veut développer le handipreneuriat afin de favoriser l’autonomie économique. Une institution publique consacrée à l’apprentissage des métiers, au handipreneuriat et à l’innovation est annoncée, tandis qu’une campagne nationale vise à accompagner les bénéficiaires dans l’élaboration de plans d’affaires simplifiés.

L’objectif est de faciliter leur accès au financement et de transformer leurs compétences en activités génératrices de revenus.

La ministre a notamment évoqué le cas de personnes aveugles et malvoyantes formées à la massothérapie, mais contraintes de mener des activités de survie faute de débouchés. L’ambition est de leur permettre de créer leurs propres activités ou d’intégrer des structures professionnelles.

Une responsabilité partagée entre secteurs

La politique d’inclusion repose sur une collaboration entre plusieurs ministères. L’Entrepreneuriat et l’Emploi sont notamment impliqués dans les programmes d’accompagnement, tandis que des échanges sont menés avec le ministère d’État en charge du Portefeuille pour étendre les mécanismes de représentation aux entreprises publiques.

Le secteur privé est également sollicité, notamment à travers la Fédération des entreprises du Congo (FEC), afin de favoriser l’insertion professionnelle des personnes vivant avec handicap.

La RDC veut renforcer son leadership africain

Pour la prochaine année, Irène Esambo Diata ambitionne de faire de la RDC une référence africaine en matière d’inclusion sociale et professionnelle.

Elle a notamment évoqué sa participation à une rencontre internationale à Abidjan, en Côte d’Ivoire, consacrée aux politiques d’inclusion. À la suite de cette rencontre, les autorités ivoiriennes se seraient engagées à ouvrir leur fonction publique au recrutement de 400 personnes vivant avec handicap.

Pour la ministre, cette initiative illustre la possibilité pour la RDC de contribuer davantage au développement des politiques africaines en faveur des personnes vivant avec handicap.

L’objectif reste de construire une société où chaque citoyen peut, indépendamment de ses capacités physiques ou sensorielles, accéder à la formation, à l’emploi, au financement et à l’entrepreneuriat et participer pleinement au développement national.

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Mardi 8 septembre 2026 - 06:42