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Parquet général près la Cour d'appel du Kongo Central : le nouveau procureur général Didier Ile Osikambile fait de la lutte contre la cybercriminalité son cheval de bataille

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Le nouveau Procureur général près la Cour d'appel du Kongo Central, Didier Ile Osikambile
Le nouveau Procureur général près la Cour d'appel du Kongo Central, Didier Ile Osikambile

Par Bijou NDJODJI BATEKO

 En août 2023, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, avait nommé et affecté Didier Ile Osikambile en qualité de procureur général près la Cour d'appel du Maniema. Près de trois ans plus tard, par ordonnance d'organisation judiciaire n° 26/122 du 28 juillet 2026 portant affectation des magistrats civils du ministère public, le Magistrat suprême l'a de nouveau nommé et affecté en qualité de procureur général près la Cour d'appel du Kongo Central. Conformément à la pratique judiciaire, ce jeudi 11 septembre 2026, au cours d'une audience publique et solennelle, le nouveau procureur général a prononcé sa mercuriale sur le thème : « Les rôles du ministère public dans la répression des infractions commises dans le secteur du numérique ». En clair, Didier Ile Osikambile déclare la guerre à la cybercriminalité tout au long de son mandat.

L’allocution prononcée par le Procureur Général Didier Ile Osikambile, à l’occasion du renouvellement de son serment statutaire, revêt une portée à la fois juridique, institutionnelle et sociale. Au-delà du caractère solennel de la cérémonie, cette intervention constitue un véritable appel à la responsabilité, à la rigueur et à l’engagement des acteurs de la justice face aux nouveaux défis liés à l’évolution de la société et, particulièrement, à l’essor du numérique.

 Un sujet d'actualité et d'intérêt national

En choisissant comme thème, le Procureur Général a abordé une problématique d’une grande actualité. "En effet, si hier, nos ancêtres pouvaient se communiquer au travers le tam-tam, son des cornes de taureaux, trompette et autres, aujourd’hui, la communication a été hyper-modernisée au point que les gens se communiquent au téléphone par appel SMS, WhatsApp, YouTube, Instagram, mail, etc, et plusieurs transactions commerciales y sont effectuées même au travers des cachets et signatures électroniques", a déclaré le procureur général près la Cour d'appel du Kongo Central.

Fort malheureusement et contre toute attente, l'utilisation des réseaux sociaux et des nouvelles technologies de l’information et de la communication donne lieu à diverses formes de criminalité : diffamation, escroquerie, usurpation d’identité, piratage des comptes, atteinte à la vie privée, diffusion de contenus à caractère pornographique, chantage, cyberespionnage et autres infractions. "Aujourd’hui, les gens se plaisent à insulter, offenser, diffamer, escroquer, exposer des images pornographiques en y collant les têtes de ceux dont ils veulent souiller l’honneur, à pirater les comptes WhatsApp ou Facebook d’autrui et à commettre toute sorte d’infraction en toute impunité", a indiqué le procureur général Didier Ile Osikambile.

 "Pas de crime, pas de peine sans loi"

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Alors que la société évolue au fil de temps, plusieurs crimes dans le secteur du numérique ont été faiblement sanctionnés par le Code pénal Livre II et plusieurs autres non légiférés. D’où, la nécessité d'adapter les lois à des nouvelles réalités sociales, au risque que certains actes antisociaux échappent à la sanction judiciaire. "C’est donc à propos que la République Démocratique du Congo a ratifié la convention de Budapest, autrement appelée, la loi sur la cybercriminalité, laquelle a été introduite dans notre arsenal juridique au travers l’ordonnance-loi n°23/10 du 13 mars 2023 portant Code du numérique... Cette loi permet désormais aux OPJ et aux OMP de rechercher et de réprimer les infractions commises dans ce secteur", a précisé Didier Ile Osikambile.

Didier Ile Osikambile a aussi évoqué la circulaire du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, du 11 août 2026, pour prouver l'intérêt et l'actualité de son sujet sur les rôles du Ministère public dans la répression des infractions commises dans le secteur du numérique. Une circulaire qui, à l'en croire, intéresse au plus haut point les officiers du Ministère public. "C’est donc là que ou réside l’intérêt de ce sujet qui, du reste, est d’actualité. C’est également à juste titre que le Procureur Général près la Cour de Cassation, Monsieur Firmin MVONDE MAMBU, vient de publier la circulaire n°008/D.008/IM/PGCCAS/SEC/2023 du 11 août 2026 relative à la recherche, à la constatation et à la répression des infractions prévues par l’ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique, adressée aux Officiers de Police Judiciaire de la Police Nationale Congolaise et des Inspecteurs de la Brigade Judiciaire", a confié le procureur général près la Cour d'appel du Kongo Central.

 De la proposition sur le plan de lege ferenda

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Il a rappelé le rôle central du Ministère public dans la chaîne pénale, allant de la constatation de l’infraction à l’exécution de la décision judiciaire, tout en indiquant que le Parquet apparaît comme un acteur essentiel de la protection de l’ordre public et de la défense de la société. 

Face à la multiplication des actes criminels commis sur Internet s'impose, en effet, une justice capable de comprendre les mécanismes techniques propres à la cybercriminalité. D'où, la proposition de Didier Ile Osikambile, de créer une branche spécialisée de la police et de renforcer les compétences techniques, pour améliorer l’efficacité de la lutte contre ce phénomène.

"Compte tenu de la spécificité des infractions liées au Code du numérique, nous préconisons la création d'une branche policière spécialisée et dûment formée, à l’image de la police scientifique. Il faudra aussi mettre en place un corps d’experts suffisamment formé pour combattre cette cyberdéviance qui monte en puissance, et, au besoin, revisiter la CPP en ce qui concerne les techniques d’enquêtes telle que relevée supra et recourir à la coopération internationale pour des infractions complexes et celles commises en corréité par des agents résidant dans des pays ou continents différents", a suggéré le patron de l'action publique dans le Kongo Central.

 "Un traumatisme permanent pour les délinquants"

Le procureur général Didier Ile Osikambile a promis qu'il n'y aura pas, dans son ressort du Kongo Central, une justice à double vitesse, une justice pour les forts et une autre pour les faibles, une justice pour les riches et une autre pour les pauvres. "Je serai un traumatisme permanent pour les délinquants mais un refuge pour tous ceux qui seraient véritablement victimes des actes répréhensibles, commis par quiconque", a conclu Didier Ile Osikambile, paraphrasant le premier Avocat général près la Cour de cassation, Pascal Mukonkole Katambwe.

Vendredi 11 septembre 2026 - 16:05