Par Denise Kyalwahi
Des organisations environnementales de la République démocratique du Congo demandent au gouvernement d'organiser un « Dialogue National Vert » sur l'avenir de la conservation, face aux pressions croissantes exercées sur les aires protégées.
Dans un mémorandum remis le 10 septembre à la ministre de l'Environnement, elles citent notamment la déforestation, le braconnage, les feux de brousse et l'exploitation minière, forestière et agricole parmi les principales menaces. Elles alertent également sur la pollution des cours d'eau, l'érosion et les effets du changement climatique sur les communautés dépendantes des ressources naturelles.
Les organisations demandent un renforcement des moyens de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), notamment en faveur des éco-gardes. Elles estiment toutefois que la conservation ne peut être durable sans une participation réelle des communautés locales et des peuples autochtones.
Le mémorandum souligne les tensions autour de plusieurs aires protégées, notamment le Parc national des Virunga, dans l'est du pays. Les signataires souhaitent que les communautés soient davantage associées aux décisions et bénéficient d'alternatives économiques, notamment à travers la conservation communautaire et les Concessions forestières des communautés locales (CFCL).
Le dialogue proposé réunirait autorités publiques, gestionnaires des parcs, communautés, chercheurs, société civile, jeunes, femmes, médias et partenaires internationaux. L'objectif serait de réévaluer les politiques de conservation et de promouvoir une approche fondée sur la participation communautaire et la justice environnementale.
« La nature n'est pas à protéger contre les communautés locales (...) mais avec elles », résume Prince Kihangi, membre de la société civile environnementale.