Par Serge Mavungu
L’Institut national de santé publique (INSP) maintient la pression sur les principales menaces épidémiques qui touchent la République démocratique du Congo. À l’occasion de la 37e semaine épidémiologique, une réunion stratégique de coordination s’est tenue ce lundi 14 septembre 2026 à Kinshasa, sous la conduite du directeur général de l’INSP, Dr Dieudonné Mwamba Kazadi.
La rencontre a réuni les différents experts et acteurs engagés dans la surveillance et la riposte aux urgences sanitaires. Les discussions ont notamment porté sur la maladie à virus Ebola (MVE17), le choléra, la mpox et la rougeole.
Ebola : amélioration de la situation, mais pas de relâchement

Concernant la MVE17, les données présentées font état de 7 200 cas enregistrés, parmi lesquels 3 400 décès, pour une létalité estimée à 48,4 %. Le dispositif de prise en charge compte actuellement 913 personnes en isolement, tandis que 1 700 patients ont été déclarés guéris.
Le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas atteint, quant à lui, 88 %, un indicateur jugé essentiel pour limiter les risques de nouvelles chaînes de transmission.
Les données de la semaine montrent une inflexion à la baisse de la courbe épidémique. Les responsables de la riposte appellent néanmoins à ne pas considérer cette évolution comme une fin de l’épidémie. La surveillance doit donc rester soutenue, notamment pour identifier rapidement tout nouveau cas et prévenir une éventuelle résurgence.
La détection d’un cas dans le Sud-Ubangi, qui devient ainsi la septième province concernée, renforce par ailleurs la nécessité d’intensifier la surveillance. La recherche active des cas, l’isolement et le suivi rigoureux des contacts restent parmi les principales mesures mises en avant.
Choléra, mpox et rougeole : maintenir la pression
Les échanges ont également porté sur le choléra, la mpox et la rougeole, qui continuent de figurer parmi les principales préoccupations sanitaires du pays.
Les experts ont analysé les différentes alertes signalées, l’évolution des indicateurs épidémiologiques ainsi que les actions de riposte déployées dans les zones affectées. La priorité reste d'améliorer la détection des cas, d’assurer une prise en charge rapide des personnes malades et de réduire les risques de propagation.
Le COUSP au centre de la coordination
À travers le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), l’INSP poursuit la coordination entre les structures techniques, les experts et les différents partenaires engagés dans la réponse aux urgences sanitaires.
Cette approche vise notamment à faciliter le partage des données issues du terrain et à permettre une adaptation rapide des stratégies en fonction de l’évolution des différentes épidémies.
Si la baisse observée dans la courbe de la MVE17 constitue un signe encourageant, la présence simultanée de plusieurs autres menaces sanitaires impose de maintenir un niveau élevé de vigilance. Pour l’INSP, la surveillance épidémiologique, la détection précoce et la coordination des interventions demeurent ainsi essentielles pour contenir les différentes épidémies sur l’ensemble du territoire national.