Par Serge Mavungu
Un week-end placé sous le signe de l’entrepreneuriat des jeunes. Au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, à Kinshasa, plusieurs jeunes entrepreneurs ont reçu les documents officialisant l’existence légale de leurs entreprises, lors d’une cérémonie présidée par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en présence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Organisée par le Fonds spécial pour la promotion, l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ), cette cérémonie marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre du programme « Debout Jeunes Congolais », présenté comme l’un des leviers de la politique présidentielle en faveur de la jeunesse.
Pour cette deuxième phase, 780 entreprises de jeunes ont été formalisées, dont 537 à Kinshasa, 129 dans le Haut-Katanga et 114 au Kasaï oriental. Elles s’ajoutent aux entreprises accompagnées lors de la première cohorte, qui concernait Kinshasa et le Kongo Central.
Au total, près de 1 127 entreprises de jeunes issues de quatre provinces ont ainsi été formalisées grâce au dispositif du FSPEEJ, avec l’accompagnement du ministère de la Jeunesse, a indiqué son directeur général, Joseph Mbuyi Mukendi.
Cette formalisation permet aux bénéficiaires de disposer d’une série de documents indispensables à l’existence légale et au fonctionnement de leurs entreprises. Il s’agit notamment du registre de commerce, de l’identification nationale, des documents liés à l’ONEM, à l’INPP et à la CNSS, ainsi que du numéro d’impôt et d’autres pièces administratives.
Pour les jeunes concernés, l’enjeu dépasse toutefois la remise de documents administratifs. Jeef Makobi Kwete, représentant des bénéficiaires, a décrit cette étape comme l’accès à une identité juridique et à de nouvelles possibilités économiques.
De la formalisation à l’accès aux opportunités
Le président Félix-Antoine Tshisekedi veut désormais que cette formalisation constitue un point de départ plutôt qu’un aboutissement. Lors de la cérémonie, il a demandé au gouvernement, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, de renforcer les passerelles entre les entreprises formalisées et les marchés publics, le secteur privé, les formations, les chaînes de souveraineté ainsi que les opportunités liées au commerce régional.
Le chef de l’État a également appelé au renforcement substantiel du FSPEEJ, avec notamment des moyens d’action plus importants, des instruments adaptés aux différentes étapes de la vie d’une entreprise et un accompagnement après la formalisation.
Félix-Antoine Tshisekedi a par ailleurs mis en garde contre le risque de transformer la formalisation en nouvelle source de tracasseries administratives ou de pression fiscale excessive. Pour lui, elle doit plutôt servir de « passeport » vers de nouvelles possibilités économiques.
Cette orientation rejoint l’objectif du programme « Debout Jeunes Congolais », qui entend faire de la jeunesse un acteur majeur de la transformation économique et sociale du pays.
La ministre de la Jeunesse, Grâce Emie Kutino, a rappelé que les jeunes Congolais ne constituent pas seulement la relève de demain. Ils représentent déjà une force de création, d’innovation et de transformation.
Le véritable défi commence maintenant
Avec cette nouvelle étape, le défi n’est donc plus seulement de formaliser les entreprises, mais de leur permettre de vivre et de grandir dans l’économie formelle.
Le gouvernement met notamment en avant le programme Vunga, destiné à faciliter l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises à travers des lignes supervisées par le FOGEC.
La création d’emplois constitue le premier pilier du Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028. La réussite de cette politique dépendra désormais de la capacité à transformer la formalisation en accès réel au financement, aux marchés et aux opportunités de croissance.
Pour les jeunes entrepreneurs qui ont reçu leurs documents ce samedi, une première porte vient ainsi de s’ouvrir. Reste à savoir jusqu’où cette nouvelle identité juridique leur permettra d’aller.