Par Don Benjamin Makolo
Martin Fayulu confirme la manifestation annoncée pour ce mardi 15 septembre à Kinshasa contre tout projet de changement de la Constitution et contre le format du dialogue convoqué par le président Félix Tshisekedi. La réaction du président de l'ECiDé intervient au lendemain de la publication de l'ordonnance présidentielle fixant les modalités de ce processus, qui doit notamment débuter par une consultation du peuple dans les différentes provinces de la République démocratique du Congo.
Invité ce lundi 14 septembre 2026 sur Top Congo FM, Martin Fayulu a réaffirmé la tenue de cette mobilisation au Palais du Peuple, qu'il présente comme une « rentrée populaire ».
« Nous confirmons la marche de demain, mardi 15 septembre. Nous serons au Palais du Peuple et nous appelons ça la rentrée populaire », a-t-il déclaré.
Pour l'opposant, cette manifestation vise à rappeler le refus d'une modification de la Constitution et de toute tentative d'accorder un troisième mandat au président de la République.
« Nous n'accepterons jamais le changement de Constitution. Nous n'accepterons jamais le troisième mandat, que ce soit de Félix ou de qui que ce soit dans ce pays », a-t-il martelé.
Martin Fayulu appelle ainsi les Kinoises et les Kinois à rejoindre le Palais du Peuple à partir de 9 heures.
« Nous demandons aux Kinoises et aux Kinois d'être nombreux au Palais du Peuple demain à partir de 9h pour dire aux députés d'arrêter avec leur idée de changer la Constitution, leur idée de donner le troisième mandat à Félix », a-t-il lancé. Il annonce également des mobilisations similaires dans plusieurs provinces de la RDC, estimant que le peuple demeure souverain sur la question du nombre et de la durée des mandats présidentiels.
Cette mobilisation intervient alors que Félix Tshisekedi a formalisé, par ordonnance, les modalités du dialogue national, dont le processus commence par des consultations populaires à travers les provinces. Mais Martin Fayulu rejette précisément ce format.
« Monsieur Tshisekedi a convoqué les consultations populaires. Nous lui demandons le dialogue national inclusif et pas autre chose. Dialogue national inclusif, nous y irons. Consultations populaires, nous disons non, un non catégorique », a-t-il affirmé.
Pour le leader de l'ECiDé, ces consultations ne répondent pas aux véritables problèmes du pays. Il cite notamment « l'illégitimité des institutions et de leurs animateurs », la corruption, le tribalisme ainsi que la guerre dans l'Est de la RDC. Martin Fayulu redoute surtout que les consultations populaires ne servent à recueillir un soutien en faveur du maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir.
« Il va aller consulter les Congolais pour que demain on voit dans les rapports que tel territoire, tel peuple ou telle province a dit que "Tshisekedi, on n'est pas encore fatigués de vous, restez au pouvoir" ? », s'est-il interrogé. À la veille de sa manifestation, l'opposant maintient donc son mot d'ordre : « Tshisekedi veut rester au pouvoir, le peuple dit non. »