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Successions présidentielles en RDC : « Le dauphin choisi à la dernière minute court souvent vers la défaite », Jean-Claude Katende

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Activiste de droits de l'homme et président de l'ASADHO, Me Jean Claude Katende
Activiste de droits de l'homme et président de l'ASADHO, Me Jean Claude Katende

Par Patrick Kitoko

L’activiste des droits humains Jean-Claude Katende estime que l’histoire politique de la République démocratique du Congo démontre qu’un président qui tarde à choisir et à préparer son successeur compromet non seulement les chances de ce dernier, mais aussi l’avenir de sa famille politique.

Dans une publication sur le réseau social X, il rappelle que les désignations tardives de « dauphins » se sont révélées coûteuses sur le plan électoral.

« L’expérience l’a démontré : choisir et préparer un dauphin tardivement ont toujours des conséquences dévastatrices pour le président de la République sortant et son camp. L’expérience récente est celle du président Kabila et de son dauphin Ramazani. Juste un rappel ! », écrit-il.

Depuis le retour au pluralisme politique et l’organisation des premières élections démocratiques en 2006, la question de la succession présidentielle est devenue un enjeu majeur en RDC. Réélu en 2011, Joseph Kabila est arrivé au terme de son second et dernier mandat constitutionnel en 2016. Après plusieurs reports du scrutin, il a finalement renoncé à briguer un troisième mandat et a désigné, en août 2018, Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat de sa majorité, quelques heures seulement avant la clôture du dépôt des candidatures.

Malgré l’appareil politique dont il bénéficiait, Ramazani Shadary a été battu lors de la présidentielle de décembre 2018, remportée par Félix Tshisekedi. Ce scrutin marque la première alternance pacifique au sommet de l’État depuis l’indépendance de la RDC, même si les résultats ont fait l’objet de nombreuses controverses.

C’est ce précédent que Jean-Claude Katende remet en mémoire. Sans citer directement le contexte politique actuel, son message est interprété comme une mise en garde contre toute stratégie consistant à désigner un successeur à la veille d’une élection, sans lui laisser le temps de bâtir une légitimité politique propre ni de convaincre l’électorat.

Au-delà du cas de Ramazani Shadary, le débat sur le « dauphinat » reste récurrent dans la vie politique congolaise. Les observateurs estiment qu’un successeur désigné ne peut s’imposer durablement que s’il bénéficie d’une préparation politique, d’une implantation nationale et d’une autonomie suffisante pour fédérer au-delà du cercle du président sortant.

Par ce rappel historique, Jean-Claude Katende invite ainsi la classe politique congolaise à tirer les leçons des précédentes successions présidentielles, alors que les regards se tournent déjà vers les prochaines échéances électorales prévues en 2028.

Vendredi 24 juillet 2026 - 13:16