Crise humanitaire au Burundi : plus de 90 réfugiés congolais meurent en une semaine dans des camps saturés après avoir fui les violences à l’est de la RDC

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Des réfugiés congolais en plein deuil et funérailles au Burundi(credit photo tiers)
Des réfugiés congolais en plein deuil et funérailles au Burundi(credit photo tiers)

Par la Rédaction

Au camp de Busuma, dans la province burundaise de Ruyigi, les conditions de vie des réfugiés congolais se sont rapidement dégradées, provoquant une série de décès parmi des personnes ayant récemment fui les violences armées d’Uvira et de la plaine de la Ruzizi, dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette situation met en lumière l’ampleur de la crise humanitaire qui s’aggrave dans l’est du Burundi sous la pression d’un afflux massif de déplacés.

Selon les données recueillies par la société civile, plus de 90 réfugiés congolais sont morts en moins d’une semaine, entre le jeudi 25 décembre 2025 et le jeudi 1er janvier 2026. Le bilan officiel fait état de 93 décès, soit une moyenne de plus de dix morts par jour, un chiffre qualifié de catastrophique par plusieurs observateurs indépendants qui suivent la situation sur le terrain.

Ces décès surviennent dans un contexte d’afflux massif de populations fuyant la reprise des combats dans l’est de la RDC. Le Burundi, déjà confronté à des capacités d’accueil limitées, fait face à l’arrivée de dizaines de milliers de réfugiés en très peu de temps, ce qui a rapidement mis à genoux les structures humanitaires existantes, notamment dans les camps de transit comme celui de Busuma.

D’après les informations rapportées par SOS Médias Burundi, la majorité des morts sont directement liées à une pénurie sévère de nourriture, à l’absence d’abris adéquats et au manque quasi total de soins médicaux. Les victimes incluent des enfants, des personnes âgées ainsi que des malades chroniques. Plusieurs d’entre elles ont été inhumées dans des conditions précaires, sans respect des rites funéraires, aggravant la détresse des familles endeuillées.

Des témoignages recueillis sur place illustrent l’ampleur du drame humain. Un réfugié, s’exprimant sous couvert d’anonymat, raconte qu’en une seule journée, une famille a perdu six membres, dont cinq enfants et leur mère, laissant le père seul, sans assistance, sans nourriture et sans soutien, dans une situation qualifiée d’insoutenable par les témoins.

Les besoins humanitaires identifiés sont multiples et urgents. La nourriture demeure la priorité absolue, suivie par le manque criant d’abris, exposant les familles aux intempéries. L’accès aux soins médicaux est extrêmement limité, tandis que la pénurie d’eau potable et de services d’assainissement fait craindre l’apparition d’épidémies, notamment le choléra. À cela s’ajoutent des conditions de vie indignes marquées par une hygiène précaire et une promiscuité extrême.

Selon le HCR, plus de 84 000 réfugiés congolais sont arrivés au Burundi en quelques semaines, portant le nombre total de réfugiés congolais dans le pays à plus de 200 000, tandis que plus de 500 000 personnes sont déplacées à l’intérieur de la RDC. Le HCR alerte sur un déficit critique de financement, évalué à 47,2 millions de dollars pour les quatre prochains mois, faute de quoi l’aide humanitaire continuera d’arriver trop tard, mettant davantage de vies en péril.

Face à l’ampleur de la crise, la société civile et les réfugiés multiplient les actions de mobilisation. La Nouvelle Société Civile Congolaise du Sud-Kivu a annoncé des protestations symboliques dans les camps à partir du 2 janvier 2026, dénonçant une crise largement ignorée.

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Lundi 5 janvier 2026 - 12:42