Par Gloire Balolage
Les populations affectées par les violences attribuées à la milice Mobondo expriment une profonde amertume après le rappel à Kinshasa du capitaine il, porte-parole de la 11e région militaire. Cette décision survient dans un climat déjà lourd, peu de temps après une prise de parole publique de l'officier évoquant des complicités présumées de certaines figures politiques dans l'insécurité qui frappe le Mai-Ndombe, le Kwango et le Kwilu.
À peine rendue publique, la mesure a provoqué une vague de réactions, tant sur les réseaux sociaux que dans les localités concernées. Sur le plateau des Batéké, particulièrement touché par les exactions, de nombreuses victimes perçoivent ce rappel comme une manœuvre destinée à faire reculer des révélations sensibles.
Le chef coutumier de Kwamouth, Stany Libiey, a clairement exprimé son opposition à toute tentative visant à interpeller ou sanctionner le capitaine Malushay. Il a plutôt invité les autorités compétentes à se pencher sérieusement sur les noms cités dans les rapports militaires relatifs à la crise Mobondo.
La situation actuelle reflète une gestion inéquitable des responsabilités, selon Stany Libiey, qui juge incompréhensible qu'un officier soit rappelé pour avoir relayé des informations graves, alors que les personnes mises en cause continuent de circuler librement.
Les populations locales restent majoritairement solidaires de l'armée nationale dans les provinces affectées par les agissements de la milice Mobondo, considérant les FARDC comme un pilier essentiel de leur sécurité et un acteur incontournable pour sortir durablement de la spirale de l'insécurité.