Attaque meurtrière au Parc national d'Upemba : l’ACEDH réclame des enquêtes urgentes et un procès pour les auteurs des assassinats d’écogardes

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Par Gloire Balolage 

L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a exprimé sa profonde indignation à la suite de l’attaque meurtrière survenue au Parc national de Upemba, appelant les autorités congolaises à diligenter des enquêtes et à organiser un procès afin de mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les acteurs de la conservation

Dans une note de plaidoyer, son Coordonateur Maître Olivier Ndoole, condamne fermement les attaques, assassinats et meurtres collectifs visant les écogardes, tout en exigeant justice, vérité et des mesures adaptées pour protéger les défenseurs de l’environnement.

Selon l’ACEDH, ces événements surviennent dans un contexte particulièrement douloureux où des vies humaines ont été « sauvagement arrachées » à ceux que l’organisation qualifie de héros de la conservation. Ces acteurs jouent, selon elle, un rôle central dans la vision de faire de la République démocratique du Congo un « pays solution » face aux défis climatiques mondiaux. L’organisation dit ainsi exprimer sa solidarité envers les victimes et leurs familles tout en alertant sur les préoccupations majeures suscitées par cette attaque.

Pour l’ACEDH, ces actes criminels démontrent que la défense de l’environnement demeure une activité à haut risque dans le pays. L’organisation estime que malgré l’importance stratégique des questions climatiques et environnementales, les acteurs engagés dans la protection de la nature continuent d’exercer leur mission dans des conditions particulièrement dangereuses.

Le bilan provisoire de cette attaque fait état d’au moins sept agents du parc abattus, en plus de plusieurs personnes portées disparues. Ces victimes, rappelle l’organisation, consacraient leur engagement à la protection de la biodiversité et des ressources naturelles des parcs nationaux, notamment à travers l’application des lois, l’éducation environnementale et diverses actions pacifiques de conservation.

Parmi les victimes figurent notamment Subira Bonhomme, chargé de programme, Blaise Kambale Bwachanakazi, agent financier, Ngoy Mateta Jean Paul, responsable administratif et officier de police judiciaire au secteur nord, Dr Ruth Osodu, vétérinaire au département de bio-monitoring, ainsi que Samuel, motard attaché au parc. Deux écogardes, Tchimanga Shambuyi Jean Claude et Kilolo Beya Benjamin, comptent également parmi les personnes tuées lors de cette attaque.

L’ACEDH souligne que ces décès viennent s’ajouter à une liste déjà longue d’acteurs de la conservation tués dans l’exercice de leurs fonctions en République démocratique du Congo. Au cours des deux dernières décennies, plus de 200 agents de conservation auraient perdu la vie dans différentes aires protégées du pays, notamment dans les parcs nationaux de Virunga, de Kahuzi-Biega ou encore dans la Réserve de faune à okapis, sans qu’aucune enquête ni procès n’aient été engagés, selon l’organisation.

Pour l’ACEDH, ces attaques constituent une atteinte grave au droit à la vie et à la sécurité des personnes, mais aussi une menace directe contre les efforts visant à faire de la RDC un acteur majeur de la lutte mondiale contre le changement climatique. L’organisation estime également que ces faits violent la loi congolaise sur la conservation de la nature, le Code pénal militaire ainsi que le Statut de Rome.

Face à la gravité de la situation, l’organisation appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à prendre des mesures urgentes afin de lutter contre l’impunité et garantir justice aux victimes.

Elle plaide également pour des réformes importantes visant à renforcer les mécanismes de protection des défenseurs de la biodiversité et à assurer une meilleure cohérence entre les politiques climatiques nationales et la sécurité des écogardes.

Dans sa note, l’ACEDH recommande notamment l’ouverture immédiate d’enquêtes sérieuses, indépendantes et transparentes pour identifier et arrêter les auteurs de cette attaque. 

Elle demande également l’organisation d’un procès public et équitable, le renforcement de la sécurité des agents des aires protégées, l’intégration de nouveaux outils technologiques dans les dispositifs de protection des parcs et l’application du décret portant création du Corps de protection des parcs nationaux. Pour l’organisation, seule une réponse judiciaire rapide et crédible permettra de lutter contre l’impunité et de protéger durablement les défenseurs de l’environnement en RDC.

Les faits remontent à la nuit du 3 mars 2026, lorsqu’une attaque armée a visé le quartier général du parc. Cette incursion violente a entraîné la mort de plusieurs membres du personnel, des disparitions et le pillage d’équipements appartenant au parc. D’après l’organisation, cette attaque, attribuée à des hommes armés non encore identifiés, représente un nouveau coup dur pour les efforts de protection de la biodiversité en RDC.

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Jeudi 12 mars 2026 - 20:30