Par Prosper Buhuru
L’organisation Reporters sans frontières a révélé, dans un rapport publié, en ce mois de mars 2026, des pratiques de détention qu’elle qualifie d’« inhumaines et dégradantes » dans les zones sous contrôle des rebelles du M23-AFC, dans l’est de la République démocratique du Congo. Au cœur des accusations : l’utilisation de conteneurs métalliques comme lieux de détention, où ont été enfermés des civils, dont au moins deux journalistes.
Selon les témoignages recueillis par RSF, ces conteneurs, dépourvus de lumière et d’aération, ont servi de geôles improvisées. Des dizaines de détenus y ont été entassés pendant plusieurs jours, parfois des semaines, dans des conditions extrêmes.
"On est entre la vie et la mort”, confie un ancien détenu, évoquant des privations, des passages à tabac et l’absence totale de traitement digne.
L’enquête s’appuie sur des récits anonymisés, des images exclusives et des analyses satellitaires. Ces éléments ont permis de localiser certains de ces dispositifs, notamment dans l’enceinte de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, à Goma, ainsi que dans d’autres sites informels identifiés dans la ville. RSF affirme que ces installations ont apparues après la prise de Goma en janvier 2025.
Les conditions décrites sont particulièrement alarmantes : surpopulation extrême, [jusqu’à 80 personnes dans un seul conteneur], accès limité aux besoins essentiels, alimentation minimale et exposition à des violences physiques. Des décès en détention auraient également été signalés par plusieurs sources concordantes.
Ces révélations interviennent dans un contexte de pression accrue sur la presse locale. RSF souligne une dégradation continue de l’environnement médiatique dans les zones concernées, marquée par des restrictions, des menaces et des déplacements forcés de journalistes. Environ une centaine de professionnels des médias ont fui la région en l’espace d’un an.