Par Grevisse Tekilazaya
Lors d'un entretien accordé aux médias du Vatican, le cardinal Fridolin Ambongo a vivement salué, jeudi 23 avril 2026, le discours du souverain pontife à l’endroit des dirigeants africains pour la répartition équitable des richesses. Pour le numéro un de l’Église catholique en RDC, le pape a tenté de « blesser » positivement les consciences politiques afin de les placer face à leur responsabilité, notamment pour freiner l’exil des jeunes en créant des conditions de vie dignes localement.
Fridolin Ambongo a ouvertement salué le choix des pays ciblés par le Pape Léon XIV pour sa première visite en Afrique. « Le Saint-Père vient de clôturer son voyage apostolique en Afrique. Un voyage qui l’a mené dans quatre pays. Je dirai, au sens strict, que le voyage du Pape Léon XIV en Afrique est le premier de son pontificat. Nous sommes d’abord impressionnés par le choix des pays. L’Algérie d’abord, un pays musulman à plus de quatre-vingt-dix pour cent, où les chrétiens sont une minorité et n’ont pas toujours la liberté de vivre leur foi ou même de la proposer à d’autres. Ensuite le Cameroun, un pays qui éprouve quelques difficultés pour la convivialité, le vivre-ensemble, en paix », a expliqué le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa.
Et de poursuivre : « Le Pape y est allé en messager de paix. Puis viennent deux autres pays que nous considérons en Afrique comme des pays plutôt riches : l’Angola et la Guinée équatoriale. Le message fort a été essentiellement celui de la justice distributive, la bonne répartition de cette aubaine financière pour qu’aucun fils ou qu’aucune fille de ces pays ne puisse se sentir exclu. »
Il a fait savoir que le message commun, c’est d’abord l’espérance qu’il a proposée aux jeunes et un appel à la conscience de nos dirigeants pour qu’ils ne pensent pas seulement à eux, mais à l’ensemble de leurs peuples. « Cet appel à la conscience, quel que soit le pays où il est passé, je crois que ça résonnait assez fort. Mais au niveau interne à l’Église catholique, c’est cette insistance sur la place du Christ dans notre vie. Il a insisté sur l’Eucharistie. »
« Ça signifie que si nous nous appelons catholiques, nous devons d’abord comprendre quelle est notre vraie identité au milieu d’un monde dominé par des forces contraires, avec plusieurs confessions religieuses. On ne sait plus qui enseigne Jésus-Christ, mais nous devons savoir qui nous sommes, notre identité », a-t-il conclu.