Par la Rédaction
Les atteintes à la liberté de la presse dans l’est de la République Démocratique du Congo continuent de susciter de vives inquiétudes au sein de la profession journalistique. Dimanche, à Kinshasa, la corporation des journalistes a fermement dénoncé les violations enregistrées dans les zones sous occupation de la coalition armée rwandaise et du M23-AFC, à l’occasion de la Journée mondiale dédiée à la liberté de la presse, selon un communiqué officiel.
Dans ce document, l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC) a exprimé sa « vive préoccupation » face à la détérioration des conditions de travail des journalistes, particulièrement dans les zones affectées par les conflits. Elle a condamné avec fermeté les atteintes à la liberté de la presse dans les territoires sous contrôle de l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, tout en appelant à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités.
La célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, organisée chaque 3 mai, intervient cette année autour du thème global « Façonner un avenir de paix ». En République Démocratique du Congo, ce rendez-vous est décliné sous le sous-thème « Médias responsables, innovation numérique et cohésion nationale : bâtir un espace informationnel au service de la paix en RDC », mettant en avant les défis spécifiques auxquels fait face le pays.
À cette occasion, l’UNPC a insisté sur le rôle stratégique des médias dans la consolidation de la paix et le renforcement de la cohésion nationale. Dans un contexte marqué par ce qu’elle qualifie d’agression rwandaise et par la montée de la guerre informationnelle, l’organisation estime que les journalistes ont une responsabilité accrue dans la diffusion d’une information fiable et apaisante.
Par ailleurs, l’organisation professionnelle a rappelé l’importance du respect strict du cadre légal régissant l’exercice du métier de journaliste. Elle a notamment mis en avant l’application des mécanismes de droit de réponse et de rectification avant toute action judiciaire contre un journaliste, conformément à l’article 102 de l’Ordonnance-loi 023/009 du 13 mars 2023.
Dans le cadre de l’autorégulation du secteur, l’UNPC a également annoncé la relance de la délivrance de la carte de presse. Elle a appelé les institutions publiques et privées à en exiger la présentation pour l’accès aux activités journalistiques sur l’ensemble du territoire national, dans le but de mieux encadrer la profession.
En conclusion, l’UNPC a réaffirmé son engagement en faveur d’un journalisme responsable, fondé sur le respect de la déontologie et de l’éthique. Elle a souligné que cette démarche est essentielle pour contribuer à la paix, à l’unité nationale et au vivre-ensemble, dans un contexte national marqué par des tensions sécuritaires et informationnelles persistantes.