Par Prosper Buhuru
L'organisation Human Rights Watch (HRW) tire la sonnette d'alarme sur les activités pétrolières de la société Perenco dans la province du Kongo-Central. Dans un rapport publié récemment, l'ONG estime que certaines pratiques de la compagnie, seule productrice de pétrole en République démocratique du Congo, pourraient avoir de graves conséquences sur l'environnement et la santé des populations riveraines.
Pour étayer ses conclusions, Human Rights Watch indique avoir mené une enquête en janvier 2026. Celle-ci repose sur des entretiens réalisés auprès de 45 personnes, ainsi que sur l'analyse d'images satellitaires et de vidéos recueillies localement.
L'ONG affirme avoir identifié plusieurs pratiques préoccupantes, notamment le torchage de gaz, l'incinération de déchets à proximité des habitations et des déversements de pétrole provenant des puits et des pipelines, susceptibles de contaminer les sols et les cours d'eau.
Selon Human Rights Watch, ces activités exposeraient les habitants à des risques sanitaires accrus. L'organisation cite notamment le témoignage d'un responsable d'un hôpital local, selon lequel les localités accueillant des installations pétrolières enregistrent davantage de maladies respiratoires que les zones non concernées par l'exploitation du pétrole.
Le rapport rappelle également qu'en décembre 2024, le gouvernement congolais avait ordonné un audit environnemental des opérations de Perenco à la suite de plusieurs signalements. Toutefois, aucune information n'a encore été communiquée sur l'état d'avancement ou les conclusions de cette évaluation.
Face à cette situation, Human Rights Watch appelle les autorités congolaises à rendre publiques, sans délai, les conclusions provisoires de l'audit afin de garantir la transparence et de permettre la mise en œuvre d'éventuelles mesures de protection des populations et de l'environnement.