Par Gloire Balolage
La situation sanitaire devient préoccupante dans la zone de santé rurale de Kasongo-Lunda, dans la province du Kwango. En moins de deux semaines, 247 cas de choléra ont été enregistrés, dont 25 décès. Cette flambée alerte les autorités sanitaires locales, confrontées à une progression difficile à contenir.
Face à cette évolution, les équipes de riposte sont sous forte pression. La prise en charge des malades et la prévention de nouvelles contaminations se heurtent à de multiples contraintes, alors que les besoins ne cessent d’augmenter.
Le médecin-chef de zone, le Dr Anaclet Nkinzi, appelle la population à renforcer les gestes essentiels de prévention: consommer de l’eau potable, se laver régulièrement les mains et se rendre rapidement dans les structures sanitaires dès l’apparition des premiers symptômes.
Des moyens insuffisants sur le terrain
Les ressources disponibles restent largement en deçà de l’ampleur de l’épidémie. Les intrants médicaux acheminés depuis le territoire voisin de Popokabaka ne suffisent pas à couvrir les besoins exprimés par les équipes de Kasongo-Lunda. Cette pénurie complique la prise en charge des malades et freine le déploiement des activités de riposte.
Les difficultés sont aussi logistiques: absence de morgue, pré-rupture des médicaments et des intrants pour la prévention et le contrôle des infections. Le manque de moyens de transport handicape les relais communautaires et l’acheminement des échantillons biologiques. L’insuffisance de carburant limite par ailleurs certaines interventions sur le terrain.
Eau potable et assainissement: un défi majeur
L’accès à l’eau potable constitue un autre facteur aggravant. L’absence de forages et de sources aménagées, couplée à une faible couverture en latrines hygiéniques, rend l’application des mesures de prévention plus difficile. À cela s’ajoutent le manque de produits de traitement de l’eau et de matériel pour les campagnes de sensibilisation.
Obstacles socioculturels
La riposte doit aussi composer avec des pesanteurs socioculturelles. Dans certaines communautés, le choléra est encore associé à des causes mystiques, ce qui freine l’adhésion aux mesures préventives et complique l’organisation d’enterrements sécurisés. Le recours à certains traitements traditionnels jugés à risque est également signalé par les responsables sanitaires.
Avec l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, l’inquiétude grandit dans un contexte où plusieurs zones restent touchées par la propagation du choléra.
Les autorités sanitaires de Kasongo-Lunda lancent donc un appel urgent au gouvernement et aux partenaires humanitaires pour un renforcement des moyens médicaux, logistiques et préventifs.
Pour elles, ce renfort est indispensable pour contenir la flambée actuelle et éviter une aggravation de la situation dans le territoire de Kasongo-Lunda.