Par Ram’s Kitamba
La cité de Kamuesha, située dans le territoire de Tshikapa, province du Kasaï, est sous le choc après la mort tragique du chef du village Bena Bowa, atteint par balle dans la nuit du lundi 3 août 2026 lors d’un incident impliquant des éléments de la Police nationale congolaise (PNC).
D’après Constantin Mpualala, président de la Nouvelle Société civile du Kasaï, les policiers avaient procédé à l’interpellation d’un homme soupçonné de vol de batteries ainsi que de son épouse, avant de les placer en détention.
Informé de cette arrestation, le chef coutumier se serait rendu auprès des policiers afin de comprendre les circonstances de l’affaire. Il les aurait ensuite invités, avec les personnes interpellées, à son domicile pour tenter d’éclaircir la situation. Au cours des échanges, le suspect aurait profité d’un moment de confusion pour s’échapper à l’intérieur de la concession du chef.
Mécontents de cette fuite, les policiers auraient exigé que le chef leur livre immédiatement le fugitif. La discussion s’est rapidement envenimée et l’un des agents aurait fait usage de son arme, blessant grièvement le chef du village à la jambe.
Évacué d’urgence à l’Hôpital général de référence de Kamuesha, le chef coutumier a succombé à ses blessures environ deux heures plus tard, des suites d’une hémorragie.
Depuis ce drame, les policiers présumés impliqués restent introuvables. Leur disparition suscite une vive indignation au sein de la population, qui craint une montée de l’insécurité et des tensions dans la cité.
Face à cette situation, Constantin Mpualala appelle les autorités provinciales à agir rapidement afin de retrouver les auteurs, de les traduire en justice et de prendre les mesures nécessaires pour prévenir toute escalade de la violence.
À Kamuesha, de nombreux habitants estiment que ce drame ne doit pas rester impuni. Ils exigent une enquête approfondie, l’arrestation des policiers impliqués et que justice soit rendue à la famille du chef coutumier.