Par Serge Mavungu
La protection des acteurs engagés dans la défense des droits humains s’est imposée parmi les enjeux évoqués lors de la conférence sur les droits humains organisée à Kinshasa. Cette rencontre intervient dans le prolongement des consultations menées précédemment avec les organisations de la société civile.
Prenant la parole à cette occasion, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Paul Nsapu, a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre l’institution nationale et les organisations de la société civile dans la protection des droits humains.
Pour le président de la CNDH, cette complémentarité doit notamment permettre de renforcer la circulation de l’information, l’alerte, la documentation des violations et l’accompagnement des victimes. Il a également souligné les difficultés auxquelles sont confrontés certains défenseurs des droits humains, notamment ceux venus des zones affectées par les conflits.
Dans cette dynamique, la question de la protection des avocats apparaît comme un enjeu important. Leur indépendance et leur sécurité constituent des conditions essentielles à l’accès à la justice et à la défense effective des personnes dont les droits sont menacés.
Le directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), Dr Patrice Vanard, a, pour sa part, appelé à considérer la consolidation de la CNDH dans une perspective constructive. Il a rappelé que cette institution occupe une place stratégique dans l’architecture nationale des droits humains et que son statut A constitue une reconnaissance internationale de son indépendance et de sa conformité aux standards internationaux.
Selon lui, la protection des droits humains ne peut être dissociée de la justice, de la lutte contre l’impunité et de la protection des victimes. Le responsable onusien a également mis en avant la nécessité de renforcer la complémentarité entre la CNDH et les organisations de la société civile.
Cette approche concerne directement l’environnement dans lequel travaillent les différents acteurs de la justice et de la défense des droits, dont les avocats. Leur capacité à exercer leur mission dans des conditions de sécurité et d’indépendance participe au fonctionnement des mécanismes de protection des droits humains.
Pour le BCNUDH, le renforcement de cette complémentarité doit notamment passer par l’alerte précoce, la documentation des violations et le suivi des engagements pris en matière de droits humains.
Il convient de souligner que la tenue de cette La conférence aura ainsi permis de remettre au centre des échanges la nécessité de protéger ceux qui interviennent au quotidien dans la défense des droits, tout en renforçant les mécanismes institutionnels et la coopération avec la société civile.