Par Gloire Balolage
Le phénomène Mobondo a sensiblement reculé dans plusieurs zones de l’espace Grand Bandundu, mais la situation reste sous surveillance des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Malgré l’accalmie observée dans plusieurs localités et le retour progressif de certaines populations, des poches de résistance subsistent, notamment dans le territoire de Kwamouth.
Selon le capitaine Antony Mwalushay, porte-parole des opérations Ngemba de la 11ᵉ région militaire des FARDC dans l’espace Grand Bandundu, plusieurs villages autrefois sous l’emprise des Mobondo ont été libérés.
« Aujourd’hui, nous pouvons dire que le phénomène Mobondo a sensiblement reculé dans l’espace Grand Bandundu », a-t-il déclaré, précisant que les populations commencent progressivement à regagner leurs localités.
Il appelle toutefois à ne pas baisser la garde. Il évoque notamment la présence, dans le sud-est du territoire de Kwamouth, de certains combattants conduits par un dénommé Cobra. D’après lui, ces éléments n’agissent peut-être plus comme auparavant, mais continuent d’exercer des pressions sur la population, notamment à travers l’imposition de taxes pour accéder aux champs ou les exploiter.
Pour les FARDC, ces pratiques constituent toujours une forme d’insécurité et de tracasserie qui ne doit pas être banalisée.
Concernant les responsables Mobondo qui retournent sur le terrain après avoir adhéré au processus de désarmement, le capitaine Antony Mwalushay estime que ce processus doit permettre à ceux qui souhaitent abandonner la violence de retrouver une vie normale. Il met cependant en garde contre toute utilisation du processus de paix visant à reconstituer une autorité parallèle.
Selon lui, certains responsables reviennent à Kwamouth en affirmant vouloir sensibiliser leurs anciens combattants à rejoindre le processus, une démarche que les FARDC disent soutenir lorsqu’elle conduit réellement au désarmement.
Le porte-parole des opérations Ngemba dénonce, en revanche, les situations où certains cherchent à s’imposer comme chefs ou à s’autoproclamer chefs coutumiers.
« La paix suppose le désarmement, le respect de l’autorité de l’État et le retour à la vie civile », a-t-il insisté.
S’agissant du dénommé Cobra, il affirme que les FARDC ont jusqu’ici privilégié le dialogue et la sensibilisation, plusieurs délégations ayant déjà tenté de le convaincre de sortir de cette logique. Il l’appelle à rejoindre véritablement le processus de paix, tout en avertissant que la persistance dans la violence et l’exercice d’une autorité parallèle entraîneraient des conséquences.
Au-delà des actions militaires, les FARDC misent également sur la prévention pour éviter que les tensions communautaires ne dégénèrent. Le capitaine Antony Mwalushay explique que de nombreux conflits dans le Grand Bandundu prennent naissance dans des incompréhensions entre communautés, des conflits fonciers ou encore des différends coutumiers.
Les équipes de sensibilisation sont ainsi déployées notamment dans les territoires de Kwamouth, Kasongo-Lunda, Kayemba, Gungu et Bulungu afin de dialoguer avec les communautés et de leur rappeler qu’un différend foncier ne doit pas se régler avec une machette ou une arme de calibre 12.
Pour renforcer cette prévention, l’armée estime toutefois avoir besoin de moyens supplémentaires. La cellule de communication, souligne l’officier, nécessite des moyens de déplacement, de communication et de fonctionnement afin de pouvoir atteindre régulièrement les zones reculées avant que les tensions ne se transforment en conflits ouverts.
Cette approche vise également à rapprocher davantage l’armée de la population. Le capitaine Mwalushay insiste sur la nécessité d’une confiance mutuelle permettant aux habitants de signaler les situations suspectes, d’exprimer leurs préoccupations et de mieux comprendre la mission des militaires.
Enfin, les FARDC appellent à éviter la politisation des questions sécuritaires dans le Grand Bandundu. Le porte-parole affirme que certains discours politiques peuvent alimenter la méfiance et les divisions entre communautés en présentant systématiquement l’armée comme le problème.
Il estime que l’insécurité ne devrait pas être utilisée à des fins politiques, alors que les populations ont besoin de sécurité, de paix et de stabilité. Les FARDC disent vouloir consolider les zones déjà sécurisées, accompagner le retour des populations et empêcher l’apparition de nouveaux foyers de tension, avec l’appui des chefs coutumiers, des autorités politico-administratives et de la population.