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RDC : le CSAC suspend la journaliste Paulette Kimuntu Ndombe pour 60 jours pour des propos jugés favorables à Joseph Kabila

mar 13/10/2026 - 14:55
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La journaliste Paulette Kimuntu Ndombe
La journaliste Paulette Kimuntu Ndombe

Par la Rédaction

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de suspendre pour une durée de 60 jours la journaliste et actrice sociale Paulette Kimuntu Ndombe. Cette mesure, applicable sur l’ensemble du territoire national, fait suite à ses commentaires sur une récente sortie médiatique de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

À l’issue de la 26ᵉ réunion extraordinaire de son Bureau, l’organe de régulation des médias a pris un acte conservatoire interdisant à Paulette Kimuntu Ndombe de communiquer par les médias en ligne, les réseaux sociaux et tout autre moyen de communication de masse pendant toute la durée de la suspension.

Pour justifier cette mesure, le CSAC évoque notamment une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle la journaliste analyse le discours de Joseph Kabila. Selon l’acte, elle aurait tenu des propos considérés par l’institution comme faisant l’apologie de la guerre dans l’est du pays. Le document relève également qu’elle aurait déclaré que l’ancien chef de l’État n’est pas un rebelle, mais qu’il se préoccupe plutôt du sort de la RDC, qu’elle estime en danger.

Le Bureau du CSAC s’appuie également sur un rapport circonstanciel de son Centre de monitoring des médias congolais, daté du 12 octobre 2026. Selon l’acte, ce rapport fait état de commentaires acerbes, de dénigrement et d’un parti pris systématique dans la couverture de la dernière sortie médiatique de l’ancien président congolais.

L’organe de régulation affirme par ailleurs que Paulette Kimuntu Ndombe avait déjà fait l’objet de plusieurs interpellations auprès de ses services. La dernière remonterait au 22 septembre 2026 et aurait porté, selon le document, sur des faits liés à la propagande de l’agression rwandaise et à la diffusion d’images non autorisées. Le Conseil estime que certaines de ses interventions médiatiques risquent de décourager les efforts des autorités face à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.

Dans sa motivation, le CSAC rappelle que la liberté d’expression, consacrée par l’article 23 de la Constitution congolaise, doit s’exercer dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs. Il justifie ainsi sa décision par la nécessité de faire respecter les dispositions légales encadrant la communication en République démocratique du Congo, particulièrement dans le contexte actuel de tensions sécuritaires.

L’acte précise enfin que les directeurs des programmes et de l’information des médias opérant en RDC, les médias en ligne ainsi que les exploitants d’autres moyens de communication, y compris les réseaux sociaux, sont tenus de respecter cette mesure, sous peine de sanctions prévues par la loi.

Le CSAC demande également au procureur général près la Cour de cassation, au procureur général près le Conseil d’État ainsi qu’aux services compétents de contribuer à l’exécution de cette décision.

Mardi 13 octobre 2026 - 14:55