Par Gloire Balolage
La situation sanitaire à la prison centrale de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, suscite des inquiétudes face à une flambée de choléra ayant déjà provoqué des décès. La société civile Forces Vives de Walikale appelle à un renforcement urgent de la réponse sanitaire et humanitaire, alors que plusieurs zones de santé du territoire sont également confrontées à cette maladie.
Dans une interview exclusive accordée à Opinion-info.cd, ce mercredi 28 octobre 2026, Fiston Missona, président de la coordination de la société civile Forces Vives de Walikale, a alerté sur la persistance de l'épidémie dans cet établissement pénitentiaire. Il a salué le déploiement d'une équipe d'urgence par le gouvernement provincial du Nord-Kivu, sous l'autorité du gouverneur, le général Kakule Somo Évariste, afin d'évaluer la situation et de mettre en place des mesures de riposte.
Selon Fiston Missona, une réunion d'urgence a été organisée à Walikale après l'arrivée de cette équipe pour examiner les mesures nécessaires à la maîtrise de la maladie. Les détenus atteints ont été évacués vers un endroit approprié, afin de bénéficier d'une prise en charge médicale. Il a également salué l'appui de Médecins Sans Frontières (MSF) Hollande, tout en soulignant que les besoins restent importants pour contenir la propagation du choléra.
Prisca Kamala, conseillère du gouverneur du Nord-Kivu en matière de la santé, a expliqué que les autorités provinciales avaient été alertées de la situation à Walikale. D’après ses explications, le gouverneur a rapidement pris des dispositions pour dépêcher une équipe d'urgence, après avoir contacté ses partenaires habituels, dont l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). À son arrivée, l'équipe s'est rendue à la prison centrale, où neuf cas de choléra avaient déjà été enregistrés, avec des décès signalés.
Face à cette situation, les premières mesures ont notamment porté sur l'évacuation des malades pour leur prise en charge, mais aussi sur l'identification d'autres détenus susceptibles d'être atteints. Selon Prisca Kamala, les équipes sanitaires ont également procédé à une évaluation de la situation au sein de la prison, où des dispositions ont été prises pour limiter la propagation de l'épidémie. Elle a précisé que l'entrée dans l'établissement avait été suspendue après cette évaluation.
Au-delà de l'urgence sanitaire, la société civile met en cause les conditions de détention, particulièrement la surpopulation et les difficultés liées à l'accès à l'eau. Fiston Missona indique que la prison centrale de Walikale accueille actuellement environ 501 détenus, alors que ses infrastructures étaient prévues pour une capacité de 120 personnes. Face à cet écart, il recommande la mise en place d'un centre médical au sein de la prison, avec du personnel soignant disponible en permanence, afin de garantir une prise en charge rapide des détenus malades.
La société civile plaide également pour le désengorgement de cet établissement pénitentiaire. D'après Fiston Missona, les instances judiciaires étudient les mécanismes susceptibles de permettre la mise en œuvre de cette recommandation. Il estime que la surpopulation carcérale constitue un défi supplémentaire dans la gestion de l'épidémie et appelle à des mesures urgentes pour améliorer les conditions sanitaires des détenus.
La situation ne se limite toutefois pas à la prison centrale. Fiston Missona signale également des besoins importants dans plusieurs zones de santé du territoire de Walikale, notamment à Kibua, Itebero et Pinga, où l'afflux de personnes déplacées accentue les besoins humanitaires. Il appelle ainsi les autorités et les partenaires à renforcer leur assistance afin de répondre aux besoins des populations affectées par le choléra dans cette partie du Nord-Kivu.