RDC : le ministre Didier Budimbu veut reconstruire le sport autour des Léopards, de la formation et des infrastructures

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Didier Budimbu répondant aux questions des journalistes lors de la rencontre consacrée au bilan de la première année du Gouvernement Suminwa II.
Didier Budimbu répondant aux questions des journalistes lors de la rencontre consacrée au bilan de la première année du Gouvernement Suminwa II.

Par Serge Mavungu

Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, entend inscrire la relance du sport congolais dans une dynamique qui associe valorisation de l’identité nationale, formation des jeunes talents, mobilisation de nouvelles ressources et réhabilitation des infrastructures. À l’occasion du bilan de la première année du Gouvernement Suminwa II, Didier Budimbu a aussi évoqué les ambitions de la RDC en matière d’organisation de grandes compétitions internationales.

Le maillot des Léopards comme marqueur identitaire

À en croire Didier Budimbu, la nouvelle tenue des Léopards ne relève pas uniquement d’un choix esthétique. L’imprimé inspiré du léopard doit contribuer à réaffirmer l’identité congolaise auprès de la jeunesse.

Il estime que les jeunes Congolais, fortement exposés à différentes influences culturelles, doivent pouvoir retrouver des symboles auxquels s’identifier. La sélection nationale constitue, à ses yeux, l’un des moyens de porter cette identité au-delà des frontières.

Cette volonté de réaffirmer l’identité congolaise accompagne une ambition plus vaste de transformation du sport national.

Interrogé sur son bilan, le ministre des Sports et Loisirs Didier Budimbu se garde de parler d’un travail achevé. Il considère que le secteur reste confronté à d’importants défis et qu’un effort de reconstruction demeure nécessaire.

Depuis son avènement à la tête de ce portefeuille, Didier Budimbu explique avoir fait de la relance du sport congolais une priorité, avec la nécessité de comprendre les raisons du recul enregistré, particulièrement dans le football.

L’objectif était notamment de poser les bases d’une reconstruction du système sportif, avec une attention particulière accordée à la formation.

C’est dans cette logique que s’inscrivent les partenariats établis avec des clubs européens, notamment le FC Barcelone et l’AS Monaco.

Barcelone et Monaco pour renforcer la formation

Avec le FC Barcelone, l’accord prévoit notamment l’accueil de jeunes Congolais au centre de formation du club espagnol. Le dispositif doit concerner, dans sa phase initiale, une cinquantaine de jeunes par saison.

La coopération comprend également la formation des encadreurs congolais par des techniciens catalans. Un espace consacré à la RDC et à sa culture est par ailleurs prévu au Camp Nou, afin de faire découvrir le pays aux visiteurs de l’enceinte sportive.

L’accord avec l’AS Monaco repose également sur la détection et la formation des jeunes ainsi que sur le renforcement des capacités des formateurs.

Didier Budimbu annonce en outre des opérations de détection dans plusieurs villes du pays, notamment Gandajika, Mbuji-Mayi, Matadi et Lubumbashi. L’objectif est d’élargir la recherche de talents au-delà de Kinshasa et de mieux repérer les jeunes joueurs issus des différentes provinces.

Les loisirs comme nouvelle source de recettes

Didier Budimbu veut également faire du sport et des loisirs des secteurs davantage générateurs de revenus pour l’État.

L’organisation de compétitions internationales constitue l’un des leviers envisagés. La RDC doit notamment accueillir un championnat intercontinental de judo, avec l’objectif de profiter des retombées liées à la présence d’athlètes, de délégations et de visiteurs étrangers.

Le secteur des loisirs représente également, selon Didier Budimbu, un potentiel économique encore insuffisamment exploité.

Il évoque notamment des insuffisances dans le recouvrement de certaines taxes auprès des établissements de loisirs et des nganda. Les établissements disposant de boîtes de nuit ou proposant des activités comme la chicha sont également concernés.

Le ministère des Sports et Loisirs entend travailler avec l’administration pour identifier les établissements concernés et vérifier leur situation.

Une brigade relevant du ministère devrait ainsi être mise en place pour effectuer ces contrôles. Les établissements qui ne seraient pas en règle pourraient faire l’objet de mesures de fermeture.

À terme, Didier Budimbu souhaite que son département contribue davantage aux recettes publiques.

Une CAN à l’horizon 2029 ou 2030

Sur le terrain des grandes compétitions, Didier Budimbu confirme l’intérêt de la RDC pour l’organisation d’une future Coupe d’Afrique des nations.

L’échéance de 2027 n’est toutefois pas retenue. Kinshasa envisage plutôt une candidature pour 2029 ou 2030, éventuellement en collaboration avec la République du Congo.

D'après Didier Budimbu, les discussions ont déjà été engagées avec les autorités de Brazzaville. Il affirme avoir obtenu l’autorisation du président de la République pour poursuivre cette démarche, tandis que son homologue du Congo-Brazzaville aurait reçu une autorisation similaire.

Une telle ambition suppose cependant des infrastructures adaptées aux exigences d’une compétition continentale. Le ministère travaille donc sur la réhabilitation des installations existantes et la construction de nouveaux équipements.

Didier Budimbu reconnaît toutefois l’importance des moyens financiers nécessaires, dans un contexte où les ressources publiques sont également mobilisées par la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Mobiliser les entreprises publiques

Pour soutenir les investissements dans les infrastructures sportives, Didier Budimbu évoque la création ou la mobilisation d’un fonds dédié au sport.

Des discussions sont également menées avec le ministère du Portefeuille afin d’examiner la possibilité d’associer certaines entreprises publiques au financement ou à la réhabilitation des équipements sportifs.

Pour le ministre des Sports et Loisirs, la reconstruction du sport congolais repose ainsi sur plusieurs leviers : les infrastructures, la formation des jeunes, l’organisation de compétitions et la recherche de nouvelles ressources.

L’objectif affiché est de permettre à la RDC de retrouver progressivement une place dans l’organisation de grands rendez-vous sportifs internationaux, tout en faisant du sport un secteur mieux structuré et économiquement viable.

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Samedi 26 septembre 2026 - 06:41