Salaire impayé d’Héritier Luvumbu : V.Club évoque un "recrutement politique" pris en charge par la Présidence de la République

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Le joueur congolais Héritier Luvumbu
Le joueur congolais Héritier Luvumbu

Par Don Benjamin Makolo

L'affaire opposant Héritier Luvumbu Nzinga à l'AS V.Club autour de 62.500 dollars de salaires impayés connaît un nouveau rebondissement. Une source interne au club vert et noir, sous couvert d'anonymat, apporte à Opinion-Info.cd sa version des faits sur les conditions d'arrivée de l'ancien joueur de l'APR du Rwanda à Kinshasa.

Pour cette source, le contrat de Luvumbu est indissociable du contexte politique de son retour au pays.

Elle rappelle l'épisode de sa célébration à Kigali pour dénoncer l'agression rwandaise dans l'Est de la RDC, geste qui lui avait valu d'être écarté par son club.

« C'est quoi le sens du contrat ? Luvumbu est un joueur placé à V.Club par le Chef de l'État. Quand il était à Kigali, il a fait une célébration pour dénoncer l'agression rwandaise à l'Est de la RDC », affirme-t-elle.

Selon elle, à son arrivée à Kinshasa, le joueur a été reçu par le ministre des Sports de l'époque, Kabulo Mwana Kabulo, en présence d'Amadou Diaby, alors président de coordination de V.Club.

« V.Club est allé voir le ministre à son bureau. Il fallait lui accorder un contrat dont le salaire devait être pris en charge par la Présidence », poursuit la source.

Le montant de ce salaire, 5.000 dollars par mois, serait au cœur du différend. Une somme jugée hors de proportion avec les standards du club.

« 5.000 dollars ! Dans toute l'histoire de sa carrière, 5.000 dollars ! Avec quel football à ses pieds aujourd'hui ? Au soir de sa carrière ? Ce n'est pas Messi ! Mais si on lui a donné ce salaire-là, c'est parce que c'était la Présidence de la République et pas nous », explique-t-elle.

D'après son témoignage, une première enveloppe aurait été remise à Amadou Diaby par la Présidence pour assurer le début de la prise en charge.

« Au début, je ne sais pas comment ça s'est passé, Amadou Diaby est allé à la Présidence et une enveloppe lui a été donnée pour assurer sa carrière », déclare-t-elle.

La situation se serait dégradée après la démission d'Amadou Diaby. Les versements de la Présidence auraient cessé, obligeant le club à assumer seul le salaire.

« Quand Amadou démissionne, la Présidence n'a plus envoyé d'enveloppe. Mais Flory a continué à payer Luvumbu pendant plusieurs mois », soutient la source, précisant : « Flory Mapamboli l'a payé pendant pratiquement quatre mois. »

Face aux retards de paiement, le joueur aurait alors entrepris des démarches auprès du ministère des Sports, qui lui aurait remis de l'argent.

C'est dans ce contexte que s'inscrit, selon cette source, la réclamation actuelle de 62.500 dollars.

« Mais son dossier, c'est la Présidence qui l'a géré, ce n'est pas nous », insiste-t-elle, citant une déclaration du Chef de l'État lors d'une conférence de presse : « J'ai appelé pour lui trouver du travail, j'ai appelé mon ami et frère Amadou Diaby, qu'il prenne Luvumbu. Je ne sais pas si son effectif est déjà au complet, mais en tout cas, je ne veux pas entendre ça, moi l'essentiel qu'il prenne Luvumbu, le reste on verra après. »

« C'est dans ce contexte-là que Luvumbu a réintégré V.Club. Sinon, comment V.Club le recruterait aujourd'hui avec le niveau de jeu qu'il propose ? C'est un recrutement politique ! C'est ça la vérité », conclut-elle.

Contacté, le clan Luvumbu n'a pas encore réagi. La Présidence de la République n'a pas non plus commenté ces affirmations qui, si elles se confirment, reposent la question de la responsabilité financière dans ce litige.

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Vendredi 2 octobre 2026 - 16:07