Par Prehoub Urprus
La RDC -République démocratique du Congo- a été, ce lundi 23 juin 2027, au cœur d’un des panels majeurs du 17ᵉ Sommet des affaires USA-Afrique, ouvert à Luanda, en Angola, en présence de six chefs d’État africains, de plusieurs Premiers ministres, de hauts responsables internationaux, de chefs d’entreprises et d’une importante délégation américaine du département du commerce extérieur.
Représentant le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Vice-premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, est intervenu lors du panel consacré au Corridor de Lobito, un projet logistique régional d’envergure, considéré comme le socle d’un partenariat stratégique entre l’Angola, la Zambie et la RDC
"Le Corridor de Lobito est un atout majeur pour la RDC. Car, il offre un accès direct à l’océan Atlantique via le port angolais de Lobito, facilitant l’exportation de nos ressources minières, notamment le cuivre et le cobalt", a souligné Jean-Pierre Bemba au nom du chef de l’État congolais.

Appuyé par le Partenariat pour les infrastructures mondiales (PGII), une initiative des États-Unis et de ses alliés, le projet de Lobito transcende les enjeux de transport. Il s’inscrit dans une logique de désenclavement économique, de sécurisation des chaînes d’approvisionnement stratégiques et de coopération régionale souveraine
Selon le VPM congolais, ce corridor représente une alternative logistique fiable face aux itinéraires existants, souvent ralentis par les contraintes sécuritaires ou structurelles : "Il permet de réduire considérablement le temps de transit de nos minerais vers les ports de l’Atlantique, ce qui améliore directement la compétitivité de notre chaîne de valeur."
Avant d’ajouter : "Grâce à une liaison ferroviaire modernisée, nous assurons un accès plus rapide, plus stable et plus économique aux marchés européens et nord-américains."

Le projet intervient dans un contexte où les minerais critiques de la RDC, dont le cuivre (environ 65 % des recettes d’exportation) et le cobalt (près de 15 %), sont au cœur des enjeux de la transition énergétique mondiale.
Ce panel s’est tenu dans l’esprit du thème général du sommet : "Les voies de la prospérité : une vision commune du partenariat entre les États-Unis et l’Afrique". L’accent a été mis sur l’importance de bâtir des infrastructures stratégiques contrôlées par les pays africains eux-mêmes, avec le soutien de partenaires internationaux sans empiètement sur leur souveraineté.
Le Président en exercice de l’Union africaine, Joao Lourenço, hôte du sommet, a, d’ailleurs, insisté, dans son allocution d’ouverture, sur la nécessité d’un partenariat "mutuellement avantageux" et respectueux des spécificités africaines.
En marge des travaux, le Président Félix Tshisekedi a eu un tête-à-tête avec son homologue angolais ainsi que plusieurs rencontres avec des investisseurs. Sa rencontre prévue avec Massad Boulos, conseiller Afrique de Donald Trump, a été reportée à cause de l’arrivée tardive de ce dernier à Luanda.