Par Prosper Buhuru
À l'occasion de la Journée nationale du Génocost, célébrée le 2 août, l'ambassadrice de la République démocratique du Congo aux États-Unis, Yvette Kapinga Ngandu, a appelé la communauté internationale, en particulier les États-Unis, à soutenir les efforts de reconnaissance, de justice et de paix en faveur des victimes des conflits qui ont endeuillé le pays depuis plusieurs décennies.
Dans une déclaration, la diplomate a rappelé que le Génocost rend hommage aux millions de Congolais tués, déplacés ou affectés par les guerres liées à l'exploitation des ressources naturelles de la RDC. Elle a souligné que cette commémoration coïncide avec l'anniversaire du 2 août 1998, date marquant le début de la deuxième guerre du Congo, l'un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale.
Selon Yvette Kapinga Ngandu, les violences qui ont frappé l'est de la RDC ne sont pas le fruit du hasard. Elles se sont principalement concentrées dans les zones riches en minerais stratégiques, aujourd'hui indispensables à l'industrie mondiale des nouvelles technologies.
L'ambassadrice a également rappelé que le Rapport Mapping des Nations unies de 2010 avait recensé 617 incidents graves de violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme commis entre 1993 et 2003. Elle regrette que, seize ans après sa publication, aucun mécanisme judiciaire international n'ait encore été mis en place pour établir les responsabilités et rendre justice aux victimes.
Tout en saluant les initiatives engagées sous la présidence de Félix Tshisekedi, notamment la création d'un fonds d'indemnisation des victimes, la signature d'un accord de paix avec le Rwanda et le renforcement du partenariat économique avec les États-Unis, Yvette Kapinga estime que ces avancées doivent s'accompagner d'un engagement international plus soutenu.
Elle invite notamment Washington à veiller à l'application effective des accords de paix, à soutenir la mise en place d'un mécanisme international de justice pour les crimes documentés dans le Rapport Mapping et à promouvoir une exploitation responsable des minerais congolais, afin que ces ressources profitent aux communautés locales plutôt qu'aux groupes armés.
« Le 2 août, nous allumons des bougies pour des personnes que le monde n'a jamais comptées », a déclaré l'ambassadrice, appelant la communauté internationale à reconnaître pleinement les souffrances du peuple congolais et à soutenir les efforts visant à faire du Génocost un symbole de mémoire, de justice et de paix durable.