Par la Rédaction
La République démocratique du Congo (RDC) a appelé les États membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) à renforcer leur action commune pour mettre fin au conflit armé dans l'Est du pays. Cette démarche a été portée par la délégation congolaise au Forum parlementaire de l'organisation, qui a clôturé ses travaux dimanche 25 octobre 2026 à Johannesburg, en Afrique du Sud, après deux jours d'échanges.
Conduite par le premier vice-président de l'Assemblée nationale, Isaac Tshilumbayi, la délégation congolaise a profité de cette rencontre, consacrée notamment à l'évolution institutionnelle de la SADC, pour attirer l'attention du comité exécutif sur la dégradation de la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC. Les représentants congolais ont ainsi plaidé pour une mobilisation régionale face à la persistance des violences.
Au cours des échanges, Isaac Tshilumbayi a notamment appelé les États membres à ne plus accorder à l'ancien président Joseph Kabila les égards protocolaires liés à son ancien statut. Il a justifié cette demande par son implication dans le Front pour la refondation de la nation (FRN), nouveau mouvement armé remplaçant l'AFC/M23. Il a accusé ce mouvement d'être associé à des assassinats, des déportations, des viols et des violences visant notamment les femmes et les mineurs.
En dehors des questions sécuritaires, le forum a également été consacré à l'avenir institutionnel de la SADC. Selon Isaac Tshilumbayi, la RDC a ratifié le protocole prévoyant la transformation du Forum parlementaire en un Parlement régional. Les États membres poursuivent actuellement les discussions sur les modalités de cette évolution, qui doit renforcer le cadre institutionnel de coopération entre les pays de la région.
Le futur Parlement régional devrait notamment disposer de compétences législatives dans plusieurs domaines, dont l'éducation, la santé, l'agriculture, l'État de droit, la gouvernance démocratique et la séparation des pouvoirs. Cette évolution institutionnelle figure parmi les principaux enjeux des travaux engagés par les États membres, alors que l'organisation cherche à consolider ses mécanismes de coopération régionale.
Pour rappel, depuis l'annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), nouveau mouvement rebelle lié à Joseph Kabila, la SADC ne s'est pas encore publiquement prononcée sur cette question. À travers son intervention au Forum parlementaire de Johannesburg, la délégation congolaise entend ainsi attirer l'attention des États membres sur cette nouvelle donne sécuritaire et les amener à prendre position face à la situation dans l'Est de la République démocratique du Congo.