Par la Rédaction
Le Président de la République démocratique du Congo demande à la Russie de contribuer à l’application effective des engagements internationaux visant à mettre fin au conflit dans l’Est du pays. Lors de son intervention à Moscou, en marge du troisième sommet Russie-Afrique, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a reconnu que les processus de Washington et de Doha n’avaient pas encore produit les résultats concrets attendus sur le terrain.
Devant son homologue russe, Vladimir Poutine, le chef de l’État congolais a rappelé que la RDC subit les conséquences des conflits armés dans sa partie orientale depuis près de trente ans. Il a notamment sollicité l’implication de Moscou, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, dans la recherche d’une solution durable.
« Il y a des processus qui ont été entamés, tel que celui de Washington et de Doha. Mais malheureusement, la concrétisation n'est pas encore vraiment au rendez-vous », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le président congolais a particulièrement insisté sur l’application des résolutions 2773 du 21 février 2025 et 2808 du 19 décembre 2025 du Conseil de sécurité. Ces textes portent notamment sur la cessation des hostilités, le retrait de l’AFC/M23 (actuellement FRN) des zones occupées, la fin du soutien des forces rwandaises à ce mouvement et le retrait de ces forces du territoire congolais.
Kinshasa attend ainsi de la Fédération de Russie qu’elle contribue à faire respecter les engagements pris au sein du Conseil de sécurité, où elle avait voté en faveur de ces résolutions.
Cette démarche intervient alors que les initiatives diplomatiques engagées avec Washington et Doha restent confrontées à des difficultés de mise en œuvre. Si le président congolais reconnaît que les résultats ne sont pas encore à la hauteur des attentes, il sollicite un appui supplémentaire pour que les engagements conclus se traduisent par des changements vérifiables sur le terrain.
La position du gouvernement a été précisée par Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement. Celui-ci a rejeté toute interprétation présentant la démarche de Tshisekedi à Moscou comme un abandon du processus de Washington. Selon lui, le chef de l’État a plutôt demandé à la Russie de soutenir les mécanismes de paix existants afin qu’ils produisent pleinement leurs effets.
L’enjeu reste désormais de transformer les engagements diplomatiques en avancées concrètes pour les populations de l’Est de la RDC, toujours confrontées aux violences armées, aux déplacements et à l’insécurité.