Par Prosper Buhuru
La société minière Boss Mining a exprimé sa profonde préoccupation après un éboulement survenu le 11 mars 2026 sur le site de SAAFI, situé dans sa concession minière de Kakanda, dans la province du Lualaba, en République démocratique du Congo. L’incident, lié selon l’entreprise à des activités minières illégales, a fait plusieurs victimes et blessés parmi les creuseurs présents sur les lieux.
Dans une déclaration rendue publique, la filiale d’ERG Africa, qui opère en partenariat avec Gécamines, affirme condamner fermement la présence d’exploitations artisanales illégales au sein de sa concession. L’entreprise soutient que ces activités, non autorisées et non contrôlées par ses services, ont été dénoncées à plusieurs reprises auprès des autorités congolaises compétentes, notamment les ministères des Mines, de l’Environnement et de l’Intérieur, ainsi que la Commission nationale de lutte contre la fraude minière.
Selon Boss Mining, les alertes remontent à 2022. La société explique avoir régulièrement signalé les risques liés à la forte présence d’activités minières artisanales illégales et semi-mécanisées opérant dans sa concession. Elle affirme également que son personnel est empêché d’accéder à certaines zones du site par des individus armés qui protégeraient ces opérations clandestines, privant ainsi l’entreprise de tout contrôle sur ces espaces.
La compagnie indique que cette situation ne concerne pas uniquement sa concession. D’autres sites exploités par ERG Africa dans la province du Lualaba, notamment ceux des sociétés COMIDE et Swanmines, seraient également affectés par des activités minières illégales à caractère semi-industriel. Ces pratiques, selon l’entreprise, représentent des risques importants pour la sécurité des creuseurs artisanaux, des travailleurs miniers et des communautés locales, tout en provoquant des dommages environnementaux significatifs.
Boss Mining affirme ne porter aucune responsabilité dans l’éboulement survenu sur le site de SAAFI et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à ces exploitations illégales. L’entreprise plaide notamment pour le rétablissement de l’accès légal aux zones concernées, la sécurisation des sites miniers et la protection des employés ainsi que des communautés riveraines.
Tout en reconnaissant le rôle socio-économique de l’exploitation minière artisanale lorsqu’elle est légalement encadrée, la société estime que les activités non réglementées constituent un danger majeur. Elle soutient ainsi les initiatives visant à formaliser ce secteur, afin d’améliorer la sécurité, la transparence et les conditions de vie des communautés locales.