Par Prosper Buhuru
Lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 13 mars 2026, à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a alerté le Gouvernement sur les effets potentiels de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie nationale. Selon le compte rendu lu par le porte-parole, Patrick Muyaya, les tensions géopolitiques commencent déjà à peser sur les marchés énergétiques et financiers mondiaux, avec des impacts possibles sur les prix de l’énergie, l’inflation importée, les exportations minières et le marché des changes.
Le Président Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’une réaction anticipative et coordonnée, afin de protéger la stabilité macroéconomique et le pouvoir d’achat des congolais, tout en préservant la résilience de l’économie nationale.
Pour atteindre cet objectif, il a demandé que le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale examine la possibilité de mesures temporaires sur les prix des produits de première nécessité si les circonstances l’exigent. En parallèle, sous sa coordination et celle du vice-Premier ministre chargé des Transports, des consultations avec les organisations professionnelles doivent être menées, afin de surveiller de près les pratiques tarifaires dans le secteur des transports et d’identifier des mécanismes de soutien aux PME.
Le Président a également insisté sur la continuité de l’approvisionnement en carburant et le renforcement des stocks stratégiques nationaux, sous la responsabilité de la ministre d’État aux Hydrocarbures, en collaboration avec les ministres du Budget, des Finances et la Réserve stratégique générale. Le ministère des Mines, en synergie avec la ministre des Hydrocarbures et les ministres des Finances et du Budget, doit quant à lui engager des concertations avec les opérateurs miniers pour évaluer l’impact de la hausse des coûts énergétiques et mettre à jour les scénarios budgétaires pour l’exercice 2026, en intégrant différentes hypothèses d’évolution de la conjoncture internationale.
Enfin, une coordination étroite avec la Banque centrale du Congo est requise pour maintenir la stabilité du taux de change et gérer de manière optimale les réserves de change si nécessaire. La Première ministre a été chargée de consolider l’ensemble de ces mesures, d’assurer leur mise en œuvre et de produire un rapport d’exécution tous les quinze jours, garantissant ainsi un suivi constant et une réaction rapide face aux développements internationaux.
Cette approche proactive illustre la volonté du Gouvernement de renforcer la préparation économique et la résilience nationale, tout en protégeant les ménages et les entreprises des chocs externes.