Par Prosper Buhuru
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté, ce lundi 13 avril 2026, à Kinshasa, un bilan détaillé de la première émission d’Eurobonds de la République démocratique du Congo, mettant en avant une performance jugée exceptionnelle et une gestion maîtrisée de la dette publique.
Au-delà des 1,25 milliard de dollars mobilisés le 9 avril dernier, l’accent a été mis sur la qualité des conditions obtenues sur les marchés internationaux. Selon le ministre, la RDC s’est positionnée parmi les signatures les plus crédibles du continent, avec des taux d’intérêt compétitifs au regard des standards africains.
Sur la tranche à échéance 2032, le pays a obtenu un rendement de 8,75 %, inférieur à celui de plusieurs économies africaines, notamment Gabon ou Sénégal, et proche de ceux observés pour des émetteurs réguliers comme le Kenya ou l’Angola. Sur la tranche longue à échéance 2037, le taux de 9,50 % obtenu est même légèrement inférieur à celui de certains pays comparables, confirmant l’attractivité de la signature congolaise auprès des investisseurs internationaux.
Cette performance est d’autant plus notable qu’elle intervient dans un contexte de forte demande. L’opération a suscité un intérêt massif, avec un carnet d’ordres atteignant 5,2 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le montant recherché. Une dynamique qui reflète la confiance des marchés dans la trajectoire économique du pays et dans les réformes engagées ces dernières années.
Sur la question sensible de l’endettement, le ministre des Finances s’est voulu rassurant. Avant l’émission, la dette publique représentait 18,1 % du produit intérieur brut. Après l’opération, elle s’établit à 19,5 %, un niveau qui demeure parmi les plus faibles du continent, bien en deçà de pays comme la Tanzanie, la Côte d’Ivoire, le Kenya ou encore l’Angola.
« Nous finançons le développement sans hypothéquer l’avenir », a affirmé Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, soulignant que cette opération s’inscrit dans une stratégie de soutenabilité conforme aux engagements pris avec les partenaires internationaux, notamment le Fonds monétaire international.
Pour rappel, les ressources mobilisées sont destinées à financer des projets structurants, notamment la modernisation de l’aéroport de Ndjili, la réhabilitation de la route Kisangani-Beni, la construction de la rocade de Kinshasa et la finalisation du barrage de Grand Katende.
Au-delà de l’impact budgétaire immédiat, cette première émission d’Eurobond ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie congolaise. En établissant une référence sur les marchés internationaux, elle pourrait faciliter l’accès au financement pour les entreprises locales et renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.
Avec cette opération, la République démocratique du Congo amorce une nouvelle phase de son intégration financière, portée par une discipline budgétaire affichée et une volonté de transformation économique durable.