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Rapatriement volontaire des réfugiés : la RDC, la RCA et le HCR réaffirment leur engagement à relancer le processus dans la sécurité et la dignité

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Par Serge Mavungu

Les travaux de la deuxième réunion de la Commission tripartite réunissant la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), consacrés au rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant en RDC et des réfugiés congolais installés en RCA, se sont achevés ce jeudi à Kinshasa.

La cérémonie de clôture a été marquée par les interventions des représentants des trois parties, avant que le Vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières de la RDC, Jacquemain Shabani Lukoo, ne prononce le discours de clôture et ne déclare officiellement fermés les travaux.

Dans son allocution, le patron de l'Intérieur congolais a salué l'excellence des relations entre les présidents Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et Faustin-Archange Touadéra, soulignant que les liens historiques entre les deux pays constituent un socle essentiel pour relever ensemble le défi de la protection des réfugiés et de leur retour volontaire.

Il a rappelé que les différentes crises qu'a connues la République centrafricaine avaient entraîné d'importants mouvements de populations vers la RDC, avant que l'amélioration progressive de la situation sécuritaire ne permette la signature de l'accord tripartite de juillet 2019 à Kinshasa, ouvrant la voie aux opérations de rapatriement volontaire.

Toutefois, le Vice-Premier ministre a relevé que de nouveaux déplacements forcés de populations continuent d'être observés, notamment dans la localité de Zabaï, en territoire de Libenge, où près de 60 000 personnes auraient été affectées.

Selon lui, au 30 avril 2026, la RDC accueillait plus de 502 000 réfugiés de différentes nationalités, dont plus de 202 000 réfugiés centrafricains, principalement installés dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et du Bas-Uele.

Réaffirmant que le retour constitue un droit fondamental reconnu par les instruments internationaux de protection des réfugiés, il a appelé la communauté internationale, notamment le HCR, à renforcer la mobilisation des ressources nécessaires au financement des opérations de rapatriement, du relèvement communautaire ainsi que de la réhabilitation des infrastructures dans les zones d'accueil.

Le Gouvernement congolais, a-t-il assuré, « ne ménagera aucun effort » pour mettre en œuvre les résolutions issues de cette deuxième réunion tripartite.

En amont de cette clôture, la lecture du communiqué final par le secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés, Éric Mukandila, a permis de mettre en lumière les principales décisions arrêtées par les trois parties.

Parmi les recommandations figurent notamment la reprise des opérations de rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains dès la seconde moitié de juillet 2026 dans des conditions de sécurité et de dignité, le renforcement des mécanismes de collecte et de vérification des données sur les réfugiés, l'amélioration de la qualité de leur enregistrement ainsi que la poursuite des opérations de collecte des intentions de retour.

Les délégations ont également convenu d'élaborer un plan opérationnel actualisé pour le rapatriement des réfugiés congolais vivant en République centrafricaine, de renforcer le rôle du Groupe de travail technique comme cadre permanent de concertation et d'étendre les zones d'accueil des convois de rapatriement en fonction de l'évolution de la situation sécuritaire.

Les parties ont, en outre, décidé de faciliter les missions conjointes de sensibilisation dans les camps de réfugiés et de mutualiser leurs efforts pour mobiliser des financements destinés aussi bien au rapatriement volontaire qu'à la réintégration durable des personnes retournées.

Dans son intervention, le représentant par intérim du HCR en RDC, le Dr Pierre Atchoum, s'est félicité des avancées enregistrées au cours des travaux. Il a rappelé que le droit au retour dans son pays d'origine demeure un droit fondamental et a renouvelé l'engagement de son institution à accompagner les gouvernements congolais et centrafricain dans la mise en œuvre des décisions adoptées.

De son côté, le ministre centrafricain de l'Intérieur et de la Sécurité publique a insisté sur la nécessité de garantir des retours volontaires fondés sur des mécanismes rigoureux de vérification de l'identité et de la nationalité des candidats au rapatriement, tout en plaidant pour un renforcement des contrôles sanitaires, de la coordination opérationnelle et des investissements dans les infrastructures de réintégration.

La deuxième réunion de la Commission tripartite s'est ainsi achevée sur une volonté commune de relancer les opérations de rapatriement dans le strict respect des principes de volontariat, de sécurité et de dignité, tout en consolidant la coopération entre la RDC, la RCA et le HCR pour offrir des solutions durables aux populations réfugiées.

Pour rappel, les gouverneurs du Nord et du Sud-Ubangi ainsi que celui du Bas-uele ont rehaussé de leur présence ces travaux qui ont débuté le 9 juin dernier.

Jeudi 11 juin 2026 - 18:09