Par Prosper Buhuru
La société américaine KoBold Metals a annoncé, le 13 avril 2026, le lancement d’un vaste programme d’exploration du lithium en République démocratique du Congo, avec un investissement prévu de plus de 50 millions de dollars d’ici début 2027. Une initiative qui confirme l’intérêt croissant des acteurs internationaux pour les ressources stratégiques du pays.
Soutenue notamment par Jeff Bezos et Bill Gates, l’entreprise mise sur une approche technologique avancée pour accélérer ses activités. Déjà présente en Afrique australe dans l’exploration du cuivre, elle entend déployer en RDC des outils innovants, combinant intelligence artificielle, capteurs aéroportés et analyses en temps réel pour identifier les gisements à fort potentiel.
Le programme annoncé couvre 13 permis d’exploration et prévoit des levés aériens sur une superficie d’environ 30 000 km², accompagnés de campagnes de forage et d’échantillonnage géochimique à grande échelle. L’objectif est de positionner rapidement la RDC comme un acteur majeur sur le marché du lithium, un minerai clé pour les batteries électriques et la transition énergétique mondiale.
Au cœur de cette stratégie figure la région de Manono, réputée pour abriter certains des gisements de lithium les plus prometteurs au monde. KoBold prévoit d’y étendre progressivement ses licences pour atteindre près de 5 000 km² d’ici la fin de l’année.
Selon son directeur général, Kurt House, l’entreprise a déjà injecté plus de 20 millions de dollars dans l’économie congolaise, devenant ainsi l’un des principaux nouveaux investisseurs dans l’exploration minière du pays. Il souligne la rapidité de cette montée en puissance, indiquant qu’il y a un an encore, KoBold ne disposait d’aucune présence opérationnelle en RDC.
Cette offensive intervient dans un contexte géopolitique marqué par une compétition accrue autour des minerais critiques. Les États-Unis cherchent notamment à sécuriser leurs approvisionnements face à la domination de la Chine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Toutefois, le projet n’est pas exempt de tensions. La société AVZ Minerals conteste actuellement certains droits d’exploitation dans la zone de Manono devant les instances d’arbitrage international, estimant que les accords conclus avec KoBold contreviennent à des engagements antérieurs. Par ailleurs, le groupe chinois Zijin Mining prévoit de lancer dès juin la première production de lithium dans une autre partie de ce même bassin.
Dans ce contexte concurrentiel, la RDC apparaît plus que jamais comme un pivot stratégique des chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais critiques, au cœur des enjeux énergétiques et industriels du XXIe siècle.