Par Prosper Buhuru
La République démocratique du Congo pourrait, en cette année 2026, dépasser l’Éthiopie pour s’installer au rang de cinquième économie d’Afrique subsaharienne, selon des projections attribuées au Fonds monétaire international (FMI) et relayées à l’occasion des Assemblées de printemps tenues à Washington.
D’après ces estimations, le produit intérieur brut (PIB) de la RDC serait évalué à environ 123 milliards de dollars en 2026, contre 122 milliards pour l’Éthiopie. Un écart d’environ un milliard de dollars seulement, mais qui, s’il se confirme, marquerait un basculement symbolique dans le classement économique régional, plaçant Kinshasa devant Addis-Abeba pour la première fois.
Cette évolution serait largement soutenue par la performance du secteur extractif congolais, en particulier les exportations de cuivre et de cobalt. Ces ressources stratégiques, très sollicitées dans le cadre de la transition énergétique mondiale, renforcent l’attractivité économique du pays et alimentent sa croissance nominale.
Dans le même temps, les projections s’appuient sur une amélioration progressive de certains indicateurs macroéconomiques observés ces dernières années, notamment dans un contexte de regain d’intérêt des investisseurs pour les minerais critiques. La RDC bénéficie ainsi d’un positionnement privilégié dans les chaînes d’approvisionnement mondiales liées aux technologies vertes et aux batteries électriques.
Toutefois, ces perspectives demeurent conditionnées à plusieurs variables structurelles. La stabilité sécuritaire dans l’est du pays, la qualité de la gouvernance économique et la capacité de transformation locale des ressources naturelles en croissance inclusive restent des défis majeurs. Des contraintes qui continuent d’influencer la trajectoire globale de l’économie congolaise malgré son potentiel important.