Par Prosper Buhuru
Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a coupé court à toute spéculation sur la succession à la tête de l’État, lors d’un meeting tenu, samedi 18 avril 2026, devant les militants du parti présidentiel.
« Pas question de parler de dauphin tant que le chef est encore là », a-t-il déclaré, en référence au Président de la République, Félix Tshisekedi.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique sensible, marqué par des discussions autour d’une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Alors que le second mandat du chef de l’État arrive théoriquement à son terme en décembre 2028, la question de sa succession devrait, en toute logique institutionnelle, commencer à se poser au sein de la majorité.
Or, du côté de l’UDPS, principal pilier du pouvoir, le discours officiel reste celui du refus d’ouvrir ce débat. Une posture qui tranche avec les dynamiques classiques des partis au pouvoir, généralement enclins à préparer en amont l’après-mandat, afin d’assurer la continuité politique.
Dans ce contexte, certains analystes interprètent cette absence de projection comme un indicateur d’incertitude stratégique. L’hypothèse d’un glissement du calendrier électoral ou d’une révision constitutionnelle susceptible de redéfinir les règles du jeu politique est évoquée dans plusieurs cercles, bien que non officiellement confirmée par les autorités.
Face à ces perspectives, l’opposition politique affiche une position ferme, rejetant toute initiative visant à modifier la Constitution dans le sens d’un prolongement du mandat présidentiel. Elle y voit un risque de remise en cause de l’ordre constitutionnel et des acquis démocratiques.
Ainsi, la déclaration d’Augustin Kabuya, loin de clore le débat, relance les interrogations sur les intentions réelles de la majorité au pouvoir et sur l’avenir du processus politique à l’approche de l’échéance de 2028.