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RDC - Budget 2027 : Judith Suminwa place la souveraineté et les Congolais au cœur des priorités

jeu 29/10/2026 - 18:47
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La Première ministre Judith Suminwa Tuluka présente le projet de loi de finances 2027 devant les élus du peuple à l’Assemblée nationale.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka présente le projet de loi de finances 2027 devant les élus du peuple à l’Assemblée nationale.

Par Serge Mavungu

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présenté et défendu, jeudi 29 octobre, devant l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, chiffré à 56.930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains. En hausse de près de 12 % par rapport au budget rectificatif de 2026, ce projet accorde une place importante à la défense nationale, aux investissements publics et aux secteurs sociaux.

Qualifié de « budget d’action et de souveraineté », ce texte vise à traduire les priorités du gouvernement en allocations budgétaires, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires dans l’Est du pays, les besoins humanitaires et la riposte aux épidémies.

Pour Judith Suminwa, les prévisions budgétaires doivent avant tout répondre aux besoins de la population et produire des effets concrets dans la vie quotidienne.

« Derrière les chiffres de ce budget, il y a des vies à protéger, des familles à soutenir, des emplois à créer, des territoires à reconstruire et l’espoir de millions de Congolaises et de Congolais qui aspirent à la paix, à la sécurité et à une vie meilleure », a déclaré la cheffe du gouvernement.

La souveraineté nationale au cœur des priorités

Devant les députés nationaux, la Première ministre a réaffirmé la détermination du gouvernement à préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté de la République démocratique du Congo.

« Sous le leadership du Président de la République, chef de l'État, Commandant Suprême des Forces Armées, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Gouvernement est déterminé à mettre fin à l'occupation d'une partie du territoire national. L'unité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo ne sauraient faire l'objet d'aucun compromis. Nous réaffirmons cette exigence devant votre Assemblée, devant la Nation et devant l'Histoire », a-t-elle affirmé.

Cette orientation se traduit notamment par l’enveloppe de 14.091 milliards de francs congolais, soit environ 6,1 milliards de dollars américains, consacrée au deuxième pilier du Programme d’actions du gouvernement. Cette enveloppe couvre la défense, la sécurité intérieure, la stabilisation des communautés, la justice et la diplomatie.

Le gouvernement entend ainsi soutenir les forces de défense et de sécurité, protéger les populations affectées par la guerre dans l’Est du pays et accompagner les démarches diplomatiques visant le rétablissement de la paix.

Des investissements en hausse de 30 %

Les dépenses d’investissement prévues dans le budget 2027 atteignent 13.722 milliards de francs congolais, soit environ 6 milliards de dollars américains. Elles représentent 27 % des dépenses du budget général et enregistrent une hausse de 30 % par rapport à 2026.

Ces ressources doivent notamment soutenir les investissements dans les infrastructures, l’agriculture et les services sociaux de base. L’objectif affiché est de développer la production nationale, de favoriser la création d’emplois et d’améliorer les conditions de vie de la population.

La progression du budget s’inscrit également dans la volonté du gouvernement de préserver la stabilité macroéconomique et de soutenir la diversification de l’économie congolaise.

L’éducation et la santé parmi les priorités sociales

L’éducation occupe une place importante dans les orientations du projet de loi de finances. Les ressources prévues doivent permettre de consolider la gratuité de l’enseignement primaire et de soutenir son extension aux 7e et 8e années de l’éducation de base dès l’année scolaire 2027-2028.

Les crédits annoncés doivent également contribuer à la construction, à la réhabilitation et à l’équipement des écoles, ainsi qu’à la formation des enseignants. Ils sont aussi destinés à soutenir la prise en charge salariale de nouvelles unités et le départ à la retraite des enseignants remplissant les conditions requises.

Dans le secteur de la santé, le gouvernement prévoit de poursuivre l’extension de la couverture santé universelle, la gratuité des accouchements, les soins maternels et néonatals ainsi que la riposte aux épidémies.

Ces mesures s’inscrivent dans la volonté de renforcer l’accès aux services sociaux de base et de répondre aux besoins des ménages.

Élections, recensement et dialogue national

Le projet de loi de finances prévoit également des ressources propres pour couvrir plusieurs dépenses exceptionnelles liées aux initiatives de souveraineté.

Celles-ci comprennent notamment les dépenses sécuritaires, les provisions pour les élections, les opérations de recensement et d’identification de la population, ainsi que l’organisation du Dialogue national pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.

Ce processus devrait commencer par des consultations citoyennes dans les 26 provinces du pays.

Ces priorités s’inscrivent dans les six piliers du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028 : la création d’emplois et la protection du pouvoir d’achat, la sécurité nationale, l’aménagement du territoire, l’accès aux services sociaux de base, le renforcement de l’efficacité des services publics et la gestion durable de l’environnement.

La réforme budgétaire pour une meilleure utilisation des ressources

Judith Suminwa a également mis en avant les avancées réalisées dans la réforme budgétaire, notamment dans la préparation du passage au budget-programme.

« Des avancées concrètes ont été enregistrées dans la réforme budgétaire : les ministères concernés disposent de maquettes regroupant près de 200 programmes, des projets annuels de performance accompagnent le projet de loi de finances à titre expérimental et, depuis 2025, sept ministères pilotes produisent des rapports annuels de performance », a-t-elle indiqué.

La digitalisation des procédures et la mise en place du Compte unique du Trésor font également partie des mesures destinées à améliorer la gestion des finances publiques. Selon la Première ministre, ces dispositifs doivent permettre de mieux mobiliser les ressources et de les employer avec davantage de rigueur et d’efficacité.

Pour soutenir le financement des priorités annoncées, le gouvernement entend renforcer la mobilisation des recettes publiques, notamment par l’élargissement de l’assiette fiscale, le respect des obligations des contribuables et le recouvrement effectif des sommes légalement dues.

La cheffe du gouvernement a résumé cette ambition en soulignant la nécessité de « faire de chaque franc congolais mobilisé un progrès réel dans la vie de nos concitoyens ». Elle a également présenté le budget comme « non pas une simple addition de chiffres, mais un acte de confiance envers notre peuple ».

À travers ce projet de loi de finances, le gouvernement entend ainsi concilier les impératifs de souveraineté et de sécurité avec les investissements et les politiques sociales destinés à améliorer les conditions de vie des Congolais.

Jeudi 29 octobre 2026 - 18:47