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RDC : 771 millions USD de financements du FMI attendent le feu vert du Conseil d'administration

mer 04/11/2026 - 21:21
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De gauche à droite : Doudou Fwamba,  ministre des Finances en RDC,  le Président de la République,  Félix Tshisekedi,  et la DG du FMI, Kristalina Georgieva
De gauche à droite : Doudou Fwamba, ministre des Finances en RDC, le Président de la République, Félix Tshisekedi, et la DG du FMI, Kristalina Georgieva

Par Gloire Balolage

La République démocratique du Congo (RDC) et le Fonds monétaire international (FMI) ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique, au terme de discussions consacrées à l'évaluation des engagements macroéconomiques du pays. Dans un contexte marqué par la persistance de l'insécurité dans l'Est, la résurgence de l'épidémie d'Ebola et les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, les autorités congolaises cherchent à obtenir davantage de marges de manœuvre pour répondre aux urgences nationales sans compromettre la stabilité économique.

Dans un communiqué de presse publié ce mercredi 4 novembre 2026, le FMI annonce qu'une équipe de ses services est parvenue à un accord préliminaire avec la RDC sur la quatrième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la troisième revue de celui appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Ces discussions se sont déroulées du 22 octobre au 4 novembre, sous la conduite de Calixte Ahokpossi, chef de mission du FMI pour la RDC. L'accord reste toutefois soumis à l'approbation de la Direction générale et du Conseil d'administration de l'institution, dont l'examen du dossier est prévu en décembre 2026.

Sur le plan économique, le FMI constate un léger ralentissement de la croissance en 2026, notamment sous l'effet des conséquences de l'épidémie d'Ebola et des difficultés rencontrées dans deux grandes exploitations minières. Malgré ces contraintes, l'institution prévoit que la croissance économique congolaise devrait se maintenir au-dessus de 5 % en 2026 et à moyen terme. En revanche, les perspectives inflationnistes restent préoccupantes. L'inflation en glissement annuel devrait se rapprocher de 9 % à fin décembre, principalement en raison de la hausse des prix des produits pétroliers et des denrées alimentaires.

Face à ces pressions, la Banque centrale du Congo (BCC) a maintenu son taux directeur à 12,5 % lors de la réunion d'octobre 2026 de son Comité de politique monétaire. Le FMI encourage néanmoins l'institution à maintenir une vigilance accrue et à se tenir prête à resserrer sa politique monétaire si les anticipations inflationnistes venaient à se désancrer. Cette recommandation intervient dans un environnement où les incertitudes liées à Ebola et au conflit au Moyen-Orient pourraient accentuer les pressions sur les prix et compliquer davantage la conduite de la politique monétaire.

La situation budgétaire constitue également l'un des principaux points d'attention de la mission. Selon le FMI, la persistance du conflit dans l'Est du pays et les dépenses liées à la riposte contre Ebola pèsent considérablement sur les finances publiques. Si le déficit budgétaire intérieur était resté en dessous du plafond programmé à fin juin 2026, des difficultés commencent à apparaître pour l'exécution du budget durant le reste de l'année. Pour y faire face, le Fonds insiste sur la nécessité d'accélérer les mesures destinées à accroître les recettes publiques, de mieux maîtriser la masse salariale et de rationaliser les dépenses jugées moins prioritaires.

Dans ce contexte, le gouvernement congolais a sollicité un assouplissement des plafonds de déficit budgétaire pour 2026 et 2027, ainsi qu'une augmentation de l'accès aux ressources du FMI au titre de la FEC, afin de couvrir les coûts supplémentaires et les besoins de financement extérieur liés notamment à la riposte contre Ebola.

Kinshasa demande également un accès accru aux ressources de la FRD pour atténuer les risques macro-budgétaires provoqués par les chocs sanitaires, à travers le renforcement des mécanismes de préparation et de riposte aux épidémies. Ces différentes requêtes devront être soumises au Conseil d'administration du FMI pour examen et approbation. L'institution salue par ailleurs les financements supplémentaires mobilisés auprès d'autres partenaires au développement.

Au-delà des questions de financement, le FMI appelle à accélérer la modernisation de la gestion des finances publiques en RDC. Il estime notamment nécessaire de limiter le recours aux procédures de dépenses en urgence, d'étendre la déconcentration de l'ordonnancement des dépenses à d'autres ministères et de finaliser le déploiement du compte unique du Trésor. La rationalisation des fonds spéciaux et des établissements publics, ainsi que l'alignement de leur gestion sur le règlement général de la comptabilité publique, figurent également parmi les réformes jugées essentielles pour renforcer la transparence et l'efficacité dans l'utilisation des ressources de l'État.

Sur le volet de la gouvernance financière, la mission a salué le retrait de la RDC de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI), considérant cette évolution comme une reconnaissance des progrès accomplis dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le FMI invite toutefois les autorités à consolider ces acquis, à renforcer la gouvernance, à intensifier la lutte contre la corruption et à améliorer le climat des affaires.

Concernant les réformes soutenues par la FRD, il s'est également félicité de l'adoption du projet de révision du Code forestier, du projet de révision de la loi sur les partenariats public-privé intégrant les incidences climatiques, ainsi que de la finalisation et de la publication de l'audit de performance du Fonds forestier national. Il encourage enfin Kinshasa à renforcer les normes environnementales et sociales dans le secteur minier et à respecter les échéances des autres réformes engagées

Mercredi 4 novembre 2026 - 21:21